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Iran

Fariba Adelkhah condamnée : son comité de soutien dénonce "le procès de Kafka"

L'anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah en 2012. Photo d'archives AFP / SCIENCES PO / THOMAS ARRIVE

La condamnation samedi à cinq ans de prison de l'anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah est le résultat du "procès de Kafka" dépourvu de toute logique judiciaire, a commenté auprès de l'AFP son comité de soutien.

"Il ne s'agit pas d'un processus juridique en bonne et due forme, il n'y a évidemment aucun débat contradictoire", a estimé Jean-François Bayart, professeur à l'Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) de Genève et membre du comité de soutien. "C'est véritablement le procès de Kafka".

Arrêtée et détenue en Iran depuis juin 2019, cette spécialiste du chiisme de 61 ans est chercheuse au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po Paris. L'Iran ne reconnaît pas la double nationalité. Son procès s'était ouvert le 3 mars devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Son collègue et compagnon, Roland Marchal, arrêté en juin 2019 alors qu'il venait lui rendre visite, a été libéré fin mars alors qu'était élargi simultanément en France un ingénieur iranien menacé d'extradition vers les Etats-Unis, Jalal Rohollahnejad.

"La dureté de cette partie de bras de fer ne nous surprend pas", a relevé samedi Jean-François Bayart, ajoutant que les autorités iraniennes avaient proposé à la chercheuse une libération conditionnelle si elle renonçait à son métier, ce à quoi elle s'est refusée. "Elle est extrêmement combative, lucide et déterminée", a-t-il ajouté, en dépit des séquelles d'une grève de la faim de 49 jours menée entre fin décembre et février.

Un appel peut désormais être formé dans les semaines qui viennent, à l'issue duquel la peine ne peut pas être alourdie, a assuré son comité de soutien. Mais l'anthropologue est prise dans un "billard à trois bandes" dont elle ne maîtrise rien, a ajouté Jean-François Bayart. "C'est un processus opaque et arbitraire et une négociation complètement asymétrique puisque l'un des protagonistes est en prison", a dénoncé M. Bayart.


La condamnation samedi à cinq ans de prison de l'anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah est le résultat du "procès de Kafka" dépourvu de toute logique judiciaire, a commenté auprès de l'AFP son comité de soutien.

"Il ne s'agit pas d'un processus juridique en bonne et due forme, il n'y a évidemment aucun débat contradictoire", a estimé Jean-François Bayart, professeur...