Le président libanais, Michel Aoun, le 30 avril 2020 au palais de Baabda. Photo Dalati Nohra/Handout via REUTERS
Le président Michel Aoun a critiqué hier le fait que certaines formations politiques préfèrent « marquer des points au niveau politique » plutôt que d’œuvrer à résoudre la crise économique et financière que traverse le Liban depuis des mois. Ces déclarations du chef de l’État à l’agence de presse russe Sputnik, dans le cadre d’une longue interview dont des extraits sont publiés depuis samedi, interviennent deux jours avant la réunion à Baabda des chefs des blocs parlementaires visant à leur soumettre le plan de redressement approuvé jeudi par l’exécutif.
M. Aoun a regretté que « certaines formations politiques ne s’intéressent pas au sauvetage du pays mais veulent seulement marquer des points au niveau politique », ce qui explique les critiques lancées à l’égard du plan de relance. « C’est désolant parce que aujourd’hui, nous avons besoin de solidarité. Nous sommes tous dans le même bateau, les gens sont prêts à exploser et une explosion sociale porterait atteinte à toutes les formations politiques, risquant de menacer la stabilité du pays », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les velléités de l’ancien ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, son gendre, de briguer la présidence à la fin du mandat, le chef de l’État a affirmé qu’« il revient aux députés d’élire le président ». « Toutes les batailles concernant la future présidentielle sont uniquement lancées par d’autres formations politiques pour attiser les conflits », a-t-il relevé.
Diab : Le gouvernement « déterminé » à effectuer les réformes
Pour sa part, le Premier ministre Hassane Diab a affirmé que son gouvernement était « déterminé » à appliquer les réformes nécessaires, après avoir adopté jeudi dernier un plan de redressement et de relance de l’économie. « Le gouvernement est déterminé à faire les réformes, à lutter contre la corruption, à recouvrer les fonds volés et l’argent transféré à l’étranger après le 17 octobre dernier », a déclaré M. Diab dans un discours prononcé en anglais lors d’une réunion élargie au Grand Sérail avec plusieurs ambassadeurs étrangers.
« Nous continuons à compter sur le soutien de la communauté internationale, à mesure que nous mettrons en œuvre les réformes financières et les mesures destinées à retrouver la croissance économique », a-t-il ajouté, assurant que le Liban respectait ses engagements envers la communauté internationale malgré le défaut de paiement décidé en mars dernier.


"le Premier ministre Hassane Diab a affirmé que son gouvernement était « déterminé » à appliquer les réformes nécessaires". Alors pourquoi n'a-t-il pas commencé? Certaines ne nécessitent aucune loi ou décret nouveaux. Le contrôle des frontières, y compris les passages utilisés par le Hezbollah et l'arrêt de la contrebande au port et l'aéroport , notamment par cette même milice. la pose de compteurs d'électricité dans TOUS les immeubles reliés au réseau et le recouvrement des factures, le renvoi de tous les fonctionnaires embauché illégalement en période électorale et de ceux qui, depuis des années touchent des salaires pour des emplois fictifs (avec remboursement des sommes perçues indûment) et mise en accusation de leurs parrains, quel que soit leur poste.. Voilà quelques mesures simples, qui ne nécessitent aucune loi nouvelle, et qui redonneraient confiance en un Etat de droit. Tant que ce minimum ne sera pas fait, il est impossible de croire en la volonté prétendue du gouvernement de lutter contre la corruption.
07 h 20, le 05 mai 2020