Le patriarche maronite, Béchara Raï (d), reçu au palais présidentiel de Baabda par le chef de l'Etat, Michel Aoun, le 30 avril 2020. Photo Twitter/@LBpresidency
Le patriarche maronite Béchara Raï, qui a été reçu jeudi au palais présidentiel de Baabda par le chef de l'Etat, Michel Aoun, a affiché son soutien au gouvernement de Hassane Diab, alors que de violentes manifestations contre le pouvoir enflamment depuis quatre jours plusieurs régions du pays, notamment à Tripoli et Saïda, faisant jusque-là un mort et une centaine de blessés.
"Nous avons toujours soutenu les demandes de la révolution, mais nous n'acceptons pas ce que nous voyons, à savoir les attaques contre des biens privés et publics, et surtout contre l'armée et les forces de sécurité", a dénoncé le chef de l'Eglise maronite, à l'issue de son entretien avec le président. "Nous soutenons le gouvernement car nous ne pouvons pas vivre dans le vide et l'instabilité. Le Liban ne supporte aujourd'hui aucune déstabilisation ou vide. Un pays ne peut pas exister sans institutions", a encore affirmé le prélat maronite.
En outre, le patriarche Raï a dit "ne pas avoir abordé" avec le président Aoun le sujet de la Banque centrale et de son gouverneur Riad Salamé.
Le Courant patriotique libre, fondé par le président Aoun appelle, entre autres formations, à la destitution de Riad Salamé, à qui il fait porter la responsabilité de la situation financière du pays. Toutefois, le patriarche maronite avait pris la défense de M. Salamé, lors de la messe de dimanche à Bkerké. "Ce que j'ai dit lors de mon homélie, dimanche, était un appel à nous écouter les un les autres, et cette question est désormais réglée pour moi. Notre but est de défendre les institutions étatiques et non de prendre la défense de quelqu'un sur une base confessionnelle", a expliqué Mgr Raï. Le gouverneur de la BDL est maronite, ce qui aurait pu laisser croire que le patriarche aurait pris sa défense sur ce critère-là.
Le 17 octobre 2019, une révolte populaire sans précédent a été déclenchée sur fond de crise économique et financière sans précédent en trente ans. Cette révolte a provoqué la chute du gouvernement de Saad Hariri quelques semaines plus tard. Mais la rue n'accorde toujours pas sa confiance au gouvernement Diab qui dit vouloir lutter contre la corruption qui gangrène le pays. Le cabinet doit valider aujourd'hui en Conseil des ministres son plan de sauvetage, attendu par la communauté internationale qui conditionne tout soutien à de sérieuses réformes.

