Une sculpture d'enfants jouant à Reus, en Espagne, le 25 avril 2020. REUTERS/Nacho Doce
Enfermés depuis six semaines, les enfants espagnols se préparaient dimanche à s'offrir une bouffée d'air grâce à un premier assouplissement du plus strict confinement en Europe imposé le 14 mars quand l'épidémie éclatait au grand jour.
"Les enfants se sont levés tôt en demandant quand nous allions descendre dans la rue", a déclaré à l'AFP Miguel Lopez, père de deux enfants de six ans et trois ans, qui vit en appartement dans un quartier du nord-ouest de Madrid.
"Pour eux c'est presque comme une excursion. C'est ce qu'ils ont eu de plus distrayant depuis un mois".
Mais ce papa de 40 ans, qui travaille ans une agence de publicité, n'a pas encore entrepris l'excursion. Il y a peu de lève-tôt le dimanche et les rues de Madrid étaient encore désertes peu après 09H00 (07H00 GMT) l'heure de sortie autorisée. Seuls de rares passants promenaient leur chien.
Contrairement aux autres pays européens, l'Espagne, troisième pays le plus endeuillé du monde par la maladie derrière le Etats-Unis et l'Italie avec près de 23.000 morts, avait interdit aux enfants de sortir depuis le début du confinement général du pays mi-mars.
Alors que l'épidémie marque le pas, les moins de 14 ans peuvent désormais sortir une heure par jour entre 9H et 21H pour se promener ou jouer dans la rue à moins d'un kilomètre de leur domicile, accompagnés d'un adulte de leur foyer qui pourra faire sortir trois enfants maximum.
Mais pas question d'aller au parc ou de jouer avec d'autres enfants, a mis en garde le gouvernement en insistant sur l'obligation de maintenir des distances de sécurité et de respecter des mesures d'hygiène strictes.
Les plus de 14 ans peuvent eux sortir pour les motifs autorisés aux adultes comme aller acheter à manger ou sortir le chien.
Ils ne devraient pas attendre trop longtemps pour pouvoir, comme les adultes, être autorisés à se promener ou à faire du sport. Ce sera à partir du 2 mai si la contagion continue à ralentir, a annoncé samedi soir le Premier ministre Pedro Sanchez.
Le confinement total des enfants suscitait des critiques de plus en plus vives dans le pays où de nombreux spécialistes soulignaient les risques pour leur santé physique et mentale.
Mais l'annonce de cet assouplissement par le gouvernement la semaine dernière a d'abord été un fiasco.
Après avoir annoncé que les enfants pourraient seulement accompagner un adulte dans leurs rares sorties autorisées, comme aller au supermarché ou à la pharmacie, le gouvernement a fait volte-face devant l'avalanche de critiques et autorisé les promenades.
Le vice-président du gouvernement et chef de la gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias, a par la suite demandé "pardon" aux enfants pour leur avoir imposé un confinement si strict et pour le cafouillage de l'exécutif.
Le confinement de l'Espagne a été prolongé jusqu'au 9 mai inclus.


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