Catherine Paysan. Photo DR
La romancière française Catherine Paysan, auteure d’une dizaine de romans ainsi que de six récits autobiographiques, de recueils de nouvelles et de poésie, est décédée à l’âge de 93 ans dans sa ville natale du Mans.
L’écrivaine, née Annie Roulette, avait choisi ce pseudonyme au lycée en réaction à certains enseignants qui lui reprochaient ses origines proches de la terre. Elle rapporte cette anecdote dans son roman autobiographique Le passage du SS, paru en 1997.
Plusieurs de ses ouvrages ont été adaptés pour la télévision et le cinéma. Une partie de son œuvre est inspirée par le récit de sa vie, notamment sa rencontre avec un prisonnier de guerre allemand dans la forêt de Bonnétable et les multiples conséquences qui allaient en découler.
Elle avait été lauréate du Grand Prix de la Société des gens de lettres (SGDL) en 1977 pour l’ensemble de son œuvre et reçu en 2000 le Goncourt de la nouvelle pour son recueil Les désarmés (Albin Michel).
Mais l’histoire se souviendra peut-être d’elle d’abord en raison de son passage à Apostrophes, l’émission littéraire animée par Bernard Pivot, le 22 septembre 1978.
Catherine Paysan était la seule femme invitée ce soir-là sur le plateau en compagnie notamment du romancier et journaliste François Cavanna et de l’écrivain américain Charles Bukowski.
L’auteur des Contes de la folie ordinaire avait apporté avec lui plusieurs bouteilles de sancerre. Bientôt ivre, il ne s’exprime plus que par borborygmes grossiers et injurieux. Alors que Pivot présente le livre de Catherine Paysan, l’écrivain américain se lève, titube et se penche vers la romancière pour tenter de caresser un de ses genoux.
« Oh ! Bien ça, c’est le pompon! » s’écrie par deux fois la romancière dans l’hilarité générale. « J’ai bien fait de mettre une jupe fendue », dit-elle tandis que Bernard Pivot tance gentiment Bukowski en lui lançant : « Décidément, vous êtes vraiment obsédé. »
Bukowski continue de soliloquer. Excédé, Cavanna lui lance « Bukowski, ta gueule, tu nous enquiquines ».
Sources : « L’OLJ » et AFP

