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Indonésie : à Aceh, virus ou pas, les flagellations publiques continuent

Des membres de la police religieuse donnant des coups de fouet à une femme, à Bandah Aceh, en Indonésie, le 21 avril 2020. AFP / CHAIDEER MAHYUDDIN

Malgré les restrictions aux rassemblements en raison du coronavirus, six personnes ont été flagellées en public mardi dans la province indonésienne d'Aceh pour avoir enfreint la loi islamique appliquée dans cette région conservatrice.

Tout en assurant respecter les règles de distanciation sociale en ces temps de pandémie, les autorités de cette province située dans l'extrême nord de l'île de Sumatra affichent leur refus de transiger avec l'application des peines prévues par la charia, la loi islamique. "Pour satisfaire aux conditions actuelles, nous avons essayé de réduire les procédures non obligatoires, comme le discours d'ouverture habituel", a expliqué Safriadi, le responsable dans la capitale provinciale Banda Aceh de l'exécution de ces châtiments. "Nous avons simplement procédé directement à la flagellation pour faire plus simple", a ajouté le responsable, qui comme nombre de ses compatriotes ne porte qu'un nom. "Les flagellations auront toujours lieu, mais nous limitons le nombre de personnes impliquées", a-t-il précisé.

La plupart des personnes flagellées mardi dans un bâtiment public – quatre hommes qui ont chacun reçu 40 coups de canne en rotin pour avoir bu de l'alcool et un couple non marié surpris dans une chambre d'hôtel, puni d'une vingtaine de coups – ne portaient pas de masque de protection. Des images montraient une dizaine de spectateurs, plutôt rapprochés les uns des autres. Les flagellations en public à Aceh, critiquées par les défenseurs des droits de l'homme, peuvent attirer des centaines de spectateurs.

Malgré les coups, l'un des hommes fouettés pour consommation d'alcool, qui venait également de passer trois mois en prison pour cette infraction, s'est dit soulagé d'être dorénavant libre de rejoindre sa famille pour le ramadan cette semaine. "Je m'ennuyais en prison et maintenant me voilà un homme libre", a-t-il déclaré. "Le ramadan arrive et je ne pouvais pas m'imaginer jeûner en prison", a-t-il dit.

La province d'Aceh, avec cinq millions d'habitants, est la seule en Indonésie, pays majoritairement musulman, à appliquer la charia. Cette province très conservatrice bénéficie d'une relative indépendance depuis un accord conclu avec Jakarta en 2005 pour mettre fin à un conflit de plusieurs dizaines d'années avec des rebelles indépendantistes. Le voile y est obligatoire pour les femmes, l'adultère et les relations sexuelles hors mariage ou avec une personne du même sexe sont punis. La consommation d'alcool ou le jeu y sont interdits, comme le cinéma. Une transgression est punie de 10 coups pour un geste d'affection en public, 40 pour avoir bu de l'alcool, plus de 100 en cas de relation homosexuelle ou avec un mineur.

Malgré les restrictions aux rassemblements en raison du coronavirus, six personnes ont été flagellées en public mardi dans la province indonésienne d'Aceh pour avoir enfreint la loi islamique appliquée dans cette région conservatrice.Tout en assurant respecter les règles de distanciation sociale en ces temps de pandémie, les autorités de cette province située dans l'extrême nord de l'île de Sumatra affichent leur refus de transiger avec l'application des peines prévues par la charia, la loi islamique. "Pour satisfaire aux conditions actuelles, nous avons essayé de réduire les procédures non obligatoires, comme le discours d'ouverture habituel", a expliqué Safriadi, le responsable dans la capitale provinciale Banda Aceh de l'exécution de ces châtiments. "Nous avons simplement procédé directement à la flagellation...