Des volontaires distribuent des aides à des familles dans le besoin à Bichkek, capitale du Kirghizstan, le 11 avril 2020. AFP / Vyacheslav OSELEDKO
Les décisions politiques prises pour atténuer l'impact économique de la pandémie du coronavirus pourraient conduire à de "nouvelles vagues d'agitation" sociale dans le monde, estime le Fonds monétaire international dans un rapport publié mercredi dans le cadre de ses réunions de printemps.
"Si les mesures de soutien sont jugées insuffisantes pour atténuer la crise du Covid-19 et ses retombées économiques, ou si elles sont jugées injustes en favorisant les riches" ou les multinationales, cela pourrait provoquer des manifestations, écrivent les auteurs du rapport de surveillance des finances publiques (Fiscal monitor).
Des protestations pourraient aussi éclater quand les mesures d'aide seront "ultérieurement retirées".
Le FMI rappelle qu'un nombre croissant de protestations ont éclaté au cours des deux dernières années dans différentes parties du monde, citant celles survenues en Equateur, en Haïti ou en République islamique d'Iran, lorsque le gouvernement a annoncé une augmentation des prix du carburant.
Il se réfère également aux mouvements des gilets jaunes en France de l'hiver 2018-2019, qui a éclaté entre autres en raison du refus de l'augmentation de la taxe sur les carburants et qui s'est élargi à un appel pour plus d'égalité sociale. "Au Liban, les gens sont descendus dans la rue lorsque le gouvernement a annoncé l'introduction de frais sur les appels Internet, alors qu'au Chili, l'augmentation des tarifs des transports publics a déclenché des protestations sociales sur des questions beaucoup plus vastes", écrit le FMI. Il note que les protestations de chaque pays sont uniques, mais "elles semblent avoir des thématiques communes". Et souvent, les populations descendent dans la rue en raison de griefs et de sentiments d'injustice, pour beaucoup très anciens. Une réforme ou une mesure spécifique agit alors comme une goutte d'eau faisant déborder le vase.
Outre le fait que les décideurs devraient s'attaquer aux causes profondes complexes et spécifiques au pays du mécontentement, le FMI préconise "une approche progressive permettant aux citoyens de s'adapter". Il souligne l'importance de bien communiquer auprès de la population pour éviter de raviver du ressentiment. S'agissant des mesures d'aide d'urgence apportées aux personnes et aux entreprises les plus durement touchées par le nouveau coronavirus, le FMI recommande ainsi d'indiquer "clairement que les mesures de soutien pour faire face à la crise sont temporaires".

