Photo d'archives montrant des réfugiés dans un camp à Calais, en France, le 24 février 2016. AFP / Philippe Huguen
Deux migrants de Calais, dans le Nord de la France, ont été testés positifs au coronavirus et placés à l'isolement peu avant une "importante opération" prévue pour mettre à l'abri ces exilés vivant dans des conditions précaires, a-t-on appris mercredi auprès de la préfecture.
Entre 600 et 650 migrants selon la préfecture, un millier selon les associations, vivent actuellement à Calais dans l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni. Ils vivent dans des camps de fortune dispersés dans la ville, régulièrement démantelés par les forces de l'ordre. "Deux cas de Covid-19 ont été identifiés au sein de la population migrante. Les personnes concernées ont été aussitôt prises en charge dans des appartements dédiés où elles sont suivies et placées en isolement", a affirmé la préfecture à l'AFP.
"C'est une population qui est fragile vu les conditions dans lesquelles ils vivent" et actuellement "ils ne peuvent pas suivre les consignes de confinement comme le recommande le gouvernement, donc il y a urgence à faire quelque chose. Et là, avec ces deux cas, ça veut dire que le virus est présent et qu'il risque d'y avoir pas mal de cas supplémentaires. Ca rajoute encore à l'urgence", a réagi auprès de l'AFP François Guennoc de l'association l'Auberge des Migrants.
La préfecture a souligné que les autorités avaient "réservé une vingtaine de places dites 'de desserrement' pour prendre en charge les personnes migrantes qui seraient infectées", en lien avec les services de la santé, et mettaient au point "une importante opération de mise à l'abri des migrants" devant intervenir dans les prochains jours. "Plusieurs sites ont été identifiés dans le département pour servir de centres d'hébergement : centres de vacances, hôtels libres du fait de la crise sanitaire, équipements sportifs avec hébergement, structures sanitaires disposant de capacités", a-t-elle indiqué.
Dans une lettre ouverte jeudi, les associations ont salué "l'ouverture de dispositifs d'hébergement sur le littoral à destination des personnes exilées", mais s'inquiétaient des "modalités de cette évacuation et de l'hébergement" déployé. Elles demandaient ainsi notamment une information "fiable", "complète" et "dans une langue comprise par les personnes exilées en amont de l'évacuation" et des départs "basés sur le volontariat et non sur la contrainte". Elles demandaient aussi "l'arrêt des expulsions de campements".

