Nina Bouraoui décrit comme personne les violences faites aux femmes. Photo DR
Nina Bouraoui a reçu le prix Anaïs Nin pour Otages (JC Lattès), un livre coup de poing et magistral sur les violences sociales faites aux femmes. La romancière âgée de 52 ans a été choisie au second tour de scrutin par 8 voix contre 3 voix pour le roman de Jessica Nelson Brillant comme une larme (Albin Michel).
La remise du prix était prévue au Théâtre de l’Europe à Paris mais la cérémonie a été annulée en raison de l’épidémie de coronavirus.
Publié en janvier, Otages raconte l’histoire de Sylvie, une ouvrière d’une cinquantaine d’années et mère de deux enfants qui vit seule depuis que son mari l’a quittée.
Elle travaille dans une usine de caoutchouc et est plutôt bien appréciée par ses supérieurs hiérarchiques jusqu’au jour où son patron lui demande de dresser une liste de ses compagnes de travail à licencier... Comme une étincelle qui mettrait le feu à la plaine, le trop-plein d’injustice va conduire Sylvie à commettre l’irréparable.
Phrases courtes et saccadées rythment ce récit écrit à l’origine pour être une pièce de théâtre. Nina Bouraoui (prix du Livre Inter en 1991 pour La voyeuse interdite et lauréate du Renaudot en 2005 pour Mes mauvaises pensées) décrit comme personne les violences faites aux femmes.
Fondé par les romancières Nelly Alard et Capucine Motte en 2015, le prix Anaïs Nin est le seul prix littéraire français orienté vers le monde anglo-saxon. Son lauréat se voit offrir la traduction en anglais de son ouvrage.
Le prix récompense « une œuvre d’imagination, de préférence un roman, qui se distingue par une voix singulière, une exploration inédite de la langue française et une liberté absolue face à l’ordre moral ».
Son jury est constitué d’auteurs français et d’agents littéraires anglais et américain. Il est destiné à promouvoir le livre élu auprès des éditeurs anglais et américains.
L’an dernier, le prix avait récompensé Lionel Duroy pour Eugenia (Julliard).
Source : AFP

