Des pompiers iraniens désinfectant une rue de Téhéran, le 13 mars 2020. Photo AFP
Un haut responsable iranien, membre de l'Assemblée des experts, chargée de nommer et surveiller le guide suprême, est décédé du nouveau coronavirus, a rapporté lundi l'agence officielle Irna. L'ayatollah Hachem Bathayi Golpayégani, 78 ans, élu en 2016, a été hospitalisé samedi, après avoir été contaminé par la pneumonie virale, a indiqué Irna. Il représentait Téhéran à l'Assemblée des experts, instance formée de 88 religieux élus au suffrage universel, chargée de nommer, de surveiller et éventuellement de démettre le guide suprême, la plus haute autorité politique et religieuse du pays.
Au moins 12 hommes politiques ou hauts dirigeants iraniens, dont deux députés récemment élus, sont morts de la maladie en Iran.
Fariborz Raïs-Dana, analyste économique et militant politique, a également succombé au virus lundi à l'âge de 71 ans, après avoir été hospitalisé six jours, a rapporté l'agence semi-officielle Isna. Écrivain et universitaire, titulaire d'un doctorat de l'économie de l'École d'économie et de sciences politiques de Londres, il avait été emprisonné par le passé pour "propagande contre le système".
Le pays s'efforce de contenir la propagation du nouveau coronavirus, alors que selon le dernier bilan annoncé dimanche, la maladie Covid-19 a tué au moins 724 personnes, sur un total de 13.938 cas d'infection. Le nombre de patients infectés par le virus recensé en Iran ne cesse d'augmenter depuis l'annonce du premier décès de la maladie, le 19 février, dans la ville sainte chiite de Qom. Selon le ministère de la Santé, l'augmentation du nombre de cas confirmés est dû à l'intensification des échantillonnages et tests dans les laboratoires. Il a également indiqué que de nombreux patients commencent à présenter des symptômes quelques jours après la contamination.
Contrairement aux autres pays lourdement touchés par la maladie, l'Iran n'a pas tenté de mettre en quarantaine les régions contaminées par la maladie. La République islamique a pourtant pris d'autres mesures préventives : elle a fermé le Parlement, a interdit aux pèlerins de se rassembler sur une tombe sainte et a reporté le deuxième tour des élections législatives.
Les autorités ont appelé à plusieurs reprises la population à respecter les directives du ministère de la Santé et à rester chez eux pour empêcher la propagation du coronavirus.

