La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Photo REUTERS/Francois Lenoir
"Les Etats membres doivent être encouragés à prendre toutes les mesures nécessaires" pour soutenir leur économie, a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
L'Allemande a affirmé que l'exécutif européen ferait preuve d'une extrême souplesse dans l'application des traités, face aux potentielles entorses des pays européens aux règles budgétaires ou à celles liées aux aides d'Etat.
"Le choc est temporaire. Mais nous devons travailler ensemble pour qu'il soit le plus court et le plus limité possible", a-t-elle insisté, au moment où les Etats membres annoncent des fermetures d'écoles, de crèches ou de commerces pour limiter la pandémie.
Cette souplesse devrait particulièrement profiter à l'Italie, pays européen le plus touché par le virus -15.000 cas et plus d'un millier de morts- qui a annoncé une enveloppe de 25 milliards d'euros pour lutter contre le virus.
"Nous sommes absolument prêts à aider l'Italie, avec tout ce qui sera nécessaire. C'est de la plus haute importance", a assuré Mme von der Leyen.
Elle a aussi proposé "d'affecter 37 milliards d'euros" de fonds de l'UE à la lutte contre l'épidémie.
"Effet domino"
Ces déclarations interviennent alors que les Etats européens sont accusés de réagir en ordre dispersé et que l'UE est jugée incapable de coordonner la réponse au coronavirus, qui a contaminé 134.000 personnes dans le monde et causé plus de 5.040 décès.
Lors de l'annonce jeudi de mesures de soutien -jugées décevantes- la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, avait d'ailleurs fustigé "la complaisance et la lenteur" des gouvernements, "en particulier en zone euro".
"Pour qu'une mesure fonctionne, elle doit être coordonnée au niveau européen", a insisté Mme von der Leyen vendredi.
L'Allemande a mis en garde contre les fermetures presque totales ou partielles de frontières décidées par certains pays de l'UE, comme la République tchèque, la Slovaquie, l'Autriche ou la Hongrie.
"Les interdictions de voyage générales ne sont pas considérées comme très efficaces par l'Organisation mondiale de la Santé", a-t-elle rappelé.
"De plus, elles ont d'importantes conséquences sociales et économiques, elles perturbent la vie de la population et des entreprises", a-t-elle ajouté.
Elle a aussi prôné la "solidarité" entre les pays de l'UE pour l'accès au matériel de protection contre le nouveau coronavirus, face aux mesures de restriction ou d'interdiction des exportations de matériel de protection décidées notamment par l'Allemagne et la France.
"Calamités naturelles"
L'Italie a reçu le soutien de la Chine -pays d'où est partie l'épidémie- qui a envoyé jeudi neuf experts et plusieurs tonnes d'aide sanitaire (matériel de soins intensifs, produits de protection médicale...) à bord d'un vol spécial.
Selon Mme von der Leyen, la flexibilité promise par l'UE doit permettre aux Etats membres de venir en aide aux secteurs les plus touchés par la crise, comme le tourisme, les transports ou les petits commerces, via des mesures de "soutien aux personnes", par exemple "des programmes de travail à temps partiel".
Selon les règles budgétaires européennes, les Etats membres ne doivent pas avoir, en temps normal, un déficit public excédant les 3% du PIB, sous peine de sanction.
Mais en cas de circonstances exceptionnelles, comme la crise des migrants, ou des tremblements de terre, elles prévoient une certaine souplesse, dont Bruxelles a déjà fait preuve par le passé.
De même, les aides d'Etat sont en principe interdites dans la mesure où elles peuvent apporter un avantage indu à une entreprise et engendrer une distorsion de la concurrence dans l'Union.
Les traités prévoient cependant des exceptions en cas de "calamités naturelles" ou "d'autres événements extraordinaires".

