L'aéroport de Mitiga, le seul qui fonctionne dans la capitale libyenne Tripoli. Photo d'archives AFP
L'aéroport de Mitiga, le seul qui fonctionne dans la capitale libyenne, a été fermé mercredi et son personnel évacué après avoir été la cible de nouveaux tirs de roquettes ayant endommagé au moins un avion, selon des sources aéroportuaires et de transporteurs aériens libyens.
Les forces du Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU et basé à Tripoli, ont accusé les forces rivales loyales au maréchal Khalifa Haftar d'être à l'origine des tirs.
"Après le dernier bombardement de Mitiga, toutes les opérations et les vols ont été transférés vers l'aéroport international de Misrata", à 200 km à l'est de la capitale, a indiqué mercredi à l'AFP Mohamad Gnewa, porte-parole de la Libyan Airlines. Cette compagnie d'Etat qui effectue des liaisons avec la Tunisie et la Turquie ne déplore pas de dégâts.
Mais ce n'est pas le cas pour Buraq Air, une compagnie privée qui n'a que deux avions opérationnels dont l'un a été touché par des éclats d'obus. "Le second appareil étant sous maintenance, la compagnie a dû suspendre temporairement tous ses vols", selon Amir Aboussen, porte-parole de Buraq Air.
Les passagers de Buraq Air, bloqués à l'étranger, devront être rapatriés par d'autres compagnies, a expliqué M. Aboussen. Avec ces nouveaux tirs qui se sont abattus sur Mitiga dans la nuit de mardi à mercredi, les autorités aéroportuaires ont décidé de suspendre tous les vols et évacuer tous les bâtiments, y compris les bureaux et agences de voyage dans le périmètre de l'aéroport. Selon la direction de Mitiga, tous les vols sont transférés jusqu'à nouvel ordre à Misrata "à partir de mercredi".
Depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos. Et depuis 2015, deux autorités rivales s'y disputent le pouvoir: le GNA basé à Tripoli (ouest) et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar dans l'est du pays.
Les forces du maréchal Haftar ont lancé début avril 2019 une offensive pour s'emparer de la capitale Tripoli. Elles ont mené depuis plusieurs attaques contre l'aéroport de Mitiga, accusant le GNA de l'utiliser à des fins militaires.
Une trêve entrée en vigueur le 12 janvier a été peu respectée par les belligérants. De multiples efforts internationaux ont été entrepris, en vain jusque-là, afin de rapprocher les deux belligérants en vue de rétablir la paix dans ce pays riche en pétrole.


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