Sit-in à Baalbeck, le 28 février 2020. Photo Ani
Quelques dizaines de manifestants ont marché vendredi dans les rues de Baalbeck, dans la Békaa, afin de protester contre l'augmentation du taux de chômage au Liban, qui traverse une grave crise économique, et afin de réclamer de nouvelles opportunités d'emploi.
"Au lieu de nous pousser à émigrer, trouvez-nous des opportunités d'emploi", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant, tandis qu'un autre brandissait un panneau sur lequel il était écrit : "Ce n'est pas le coronavirus qui va nous tuer, mais la faim". Après la procession dans les rues de la ville, les manifestants ont tenu un sit-in sur la route de Ras el-Aïn, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
A Tripoli (Nord), une procession a été organisée sous le titre "Vous nous avez poussés à la faillite". Des dizaines de manifestants ont scandé des slogans, dans les rues de la ville, contre l'augmentation des prix, la cherté de la vie et la crise socio-économique.
Un autre rassemblement a également eu lieu à Saïda, au Liban-Sud, auquel ont participé des élèves et des représentants du mouvement de contestation de la ville. Lors d'une marche dans la ville, les contestataires ont accusé l'Etat "de les affamer", selon notre correspondant sur place, Mountasser Abdallah.
La crise économique a poussé de nombreux Libanais à se retrouver au chômage et les prix ont flambé, parallèlement à une forte dévaluation de la livre libanaise. Dans ce contexte, le Liban a officiellement demandé l'aide du Fonds monétaire international et envisage de restructurer sa dette publique, alors qu'il est tenu de rembourser des eurobonds le 9 mars.
Le Liban, qui a vécu depuis le 17 octobre au rythme des manifestations populaires contre les dirigeants politiques jugés corrompus, voire incompétents, traverse la plus grave crise économique et financière qu’il a connue depuis les années 1990. Dans ce cadre, selon les chiffres les plus récents de l’Administration centrale de la statistique, le taux de chômage s’élevait à 11,4 % de la population active avant le début de la crise. Ce taux grimpe à 35,7 % pour les jeunes diplômés.

