Le présiden turc Recep Tayyip Erdogan. Turkish Presidential Press Office/Handout via REUTERS
"Aujourd'hui, l'Inde est devenu un pays où les massacres se répandent. Quels massacres ? Les massacres des musulmans, et ils sont commis par les hindous", a déclaré lors d'un discours à Ankara M. Erdogan, qui se pose en défenseur des musulmans dans le monde.
"Ils battent des étudiants en classe avec des barres métalliques et des matraques comme pour tuer. Comment ces gens peuvent-ils contribuer à la paix mondiale ? C'est impossible. Quand il s'agit de discours, ils disent +nous sommes forts+, car ils ont une forte population. Mais ce n'est pas ça, la force", a-t-il ajouté.
Des heurts entre partisans et opposants d'une loi controversée sur la citoyenneté en Inde, jugée discriminatoire envers les musulmans par ses détracteurs, ont dégénéré ces derniers jours en affrontements communautaires entre hindous et musulmans à New Delhi.
Lors de multiples incidents rapportés par la presse indienne, des groupes armés hindous s'en sont pris à des lieux et à des personnes identifiés comme musulmans, au cri du slogan religieux "Jai Shri Ram" ("Loué soit le dieu Ram").
Deux hôpitaux de la zone ont fait état mercredi soir d'un bilan cumulé de 27 morts dans ces violences. Plus de 200 personnes ont été blessées, une partie conséquente des patients souffrant de plaies causées par des balles.
Le Premier ministre indien Narendra Modi est confronté depuis décembre à un vaste mouvement de contestation contre une nouvelle législation qui facilite l'attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu'ils ne soient pas musulmans.
Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d'être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80% de la population.

