L'ancien Premier ministre et député Nagib Mikati, lors de sa conférence de presse au Parlement, à Beyrouth, le 12 février 2020. Photo Ali Fawwaz / Parlement libanais
L'ancien Premier ministre libanais Nagib Mikati a présenté mercredi au Parlement une proposition de nouvelle loi électorale, assortie d'une demande de réduction de la durée mandat de la Chambre actuelle, estimant au cours d'une conférence de presse que le "le fossé est devenu énorme" entre le peuple et les autorités. La présentation de cette proposition de loi intervient alors que les manifestants sont mobilisés depuis plus de quatre mois contre la classe dirigeante, réclamant notamment l'organisation d'élections législatives anticipées.
"Quelles que soient les décisions prises par les autorités, le peuple n'aura plus confiance en elles", a déclaré M. Mikati devant un groupe de journalistes au siège du Parlement dans le centre-ville de Beyrouth. Commentant les événements de la veille, lorsque des contestataires sont descendus dans la rue afin de tenter d'empêcher le vote de confiance au gouvernement, ainsi que les nombreuses échauffourées avec les forces de l'ordre qui ont fait plusieurs centaines de blessés, l'ancien Premier ministre a estimé que "le fossé est devenu énorme entre les autorités et le peuple". Il a considéré que cela n'est pas spécialement "lié au gouvernement" actuel mais "à la source du pouvoir et aux autorités en elles-mêmes".
Dans ce cadre, il a annoncé avoir préparé avec son groupe parlementaire une proposition de loi électorale, sur base d'un découpage du pays en cinq circonscriptions. Selon le texte, chaque électeur voterait au sein de son caza avec deux voix de préférence. Nagib Mikati a précisé que cette loi prévoit une réduction du mandat de la Chambre actuelle.
"Nous attendons l'ouverture d'une nouvelle session ordinaire du Parlement pour proposer un amendement de la Constitution, pour que l'âge légal du vote passe de 21 à 18 ans", a encore indiqué l'ancien président du Conseil.
Le groupe parlementaire de M. Mikati est composé de 4 députés : lui-même, Ali Darwiche Jean Obeid et Nicolas Nahas.
La loi électorale actuelle se base sur un mode de scrutin proportionnel, avec un découpage du Liban en quinze circonscriptions, avec un vote préférentiel s'effectuant sur la base du caza.

