Une manfiestante irakienne tenant une photo du Premier ministre désigné Mohammed Allawi barrée d'une croix, le 4 février 2020 à Bagdad. AFP / AHMAD AL-RUBAYE
Le Premier ministre désigné Mohammed Allawi a rencontré cette semaine des groupes de représentants de la contestation en Irak, devant lesquels il a multiplié les promesses si son gouvernement obtenait la confiance, a indiqué mercredi à l'AFP un expert présent à ces rencontres.
Sur les places de Bagdad et des villes du sud de l'Irak, secoué par une révolte inédite depuis octobre, la majorité des manifestants ont exprimé leur refus de la nomination de M. Allawi parce qu'il a été à deux reprises ministre au sein d'un système politique qu'ils rejettent en bloc.
Mais depuis le début de la semaine, M. Allawi à reçu plusieurs groupes de représentants de la contestation qui dénonce la corruption et le népotisme en Irak, le 16e pays le plus corrompu au monde selon Transparency International.
Il leur a promis de "proposer un ou deux ministres issus de la contestation" et de "laisser les représentants du mouvement populaire avoir un droit de regard sur trois à cinq nominations au futur cabinet", a déclaré le spécialiste des questions de sécurité Hicham al-Hachémi, présent comme observateur, aux rencontres.
Le Premier ministre désigné, qui a jusqu'au 2 mars pour proposer une liste de ministres qui devront chacun obtenir la confiance du Parlement, a aussi promis "la libération de tous les manifestants arrêtés", "des compensations" pour les proches des manifestants tués dans les violences durant les protestations et "la prise en charge médicale des blessés", d'après M. Hachémi.
Et encore de "former une commission de représentants de la contestation pour suivre la mise en application des revendications des manifestants", a-t-il ajouté.
Plus de 480 personnes ont été tuées et quelque 30.000 blessées dans les violences liées à la contestation depuis octobre, en majorité des manifestants, selon un bilan compilé par l'AFP à partir de sources de sécurité et médicales.
En outre, M. Allawi a affirmé vouloir "remplacer 170 hauts fonctionnaires et 450 directeurs généraux", selon la même source.
Tant que son gouvernement n'a pas obtenu la confiance du Parlement, M. Allawi n'est autorisé à prendre aucune décision et c'est le gouvernement démissionnaire d'Adel Abdel Mahdi qui est toujours en charge des affaires courantes.


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