Photo AFP / Hussein FALEH
Un manifestant a été tué par balles dans la nuit de mercredi à jeudi dans le sud de l'Irak, portant à 12 le nombre de protestataires tués cette semaine dans le pays, selon une commission des droits humains et une source de sécurité.
Les manifestations antigouvernementales ayant éclaté début octobre à Bagdad et dans les villes du Sud avaient perdu de leur élan ces dernières semaines face aux tensions entre Washington et Téhéran, puissances agissantes en Irak.
Mais les manifestations et blocages de routes ont repris récemment pour pousser le pouvoir à répondre aux demandes du mouvement de contestation: des élections anticipées, un Premier ministre indépendant et la fin de la corruption et du clientélisme.
Tard mercredi, un jeune homme a été tué par balles par des inconnus après avoir quitté le principal lieu des manifestations à Bassora, ville portuaire riche en pétrole, a indiqué à l'AFP une source de sécurité.
Parlant d'"assaillants non identifiés", elle a ajouté qu'une enquête avait été ouverte.
Déjà mardi soir, une autre manifestante, Janat Madhi, 49 ans, avait été tuée par balles par des assaillants inconnus dans cette même ville. Elle militait au sein d'un groupe procurant les premiers soins aux blessés lors des manifestations.
Ces deux morts font monter le bilan des manifestants tués cette semaine à 12, selon la Commission irakienne des droits de l'Homme, organisme financé par l'Etat qui recense les violences lors de manifestations.
Parmi eux, quatre ont été tués à Bagdad, un autre dans la province voisine de Diyala, deux à Kerbala (sud) et cinq à Bassora.
"La violence à l'encontre des manifestants est clairement toujours en cours", a affirmé à l'AFP Ali Bayati, membre de la commission.
La présence de "groupes armés non identifiés ciblant les protestataires montre que les forces de sécurité sont incapables de protéger les citoyens", a-t-il déploré.
Des manifestants ont accusé les autorités d'appliquer deux poids deux mesures: d'un côté, elles arrêtent rapidement quiconque fermant les routes avec des pneus enflammés, mais de l'autre, elles n'appréhendent pas ceux qui kidnappent et tuent les protestataires.
Jeudi matin, des centaines d'étudiants se sont rassemblés à Bassora pour protester contre les assassinats, scandant "Donnez-nous notre pays", et brandissant des pancartes avec le même message.
Le mouvement de contestation inédit car spontané a été émaillé de violences qui ont fait plus de 470 morts en grande majorité des manifestants depuis le 1er octobre, selon un bilan compilé par l'AFP à partir de sources médicales, sécuritaires et de la Commission irakienne des droits de l'Homme.
Le mouvement a été marqué par une campagne d'intimidation, d'assassinats et de rapts de militants.

