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Une universitaire australienne emprisonnée en Iran a refusé d'espionner pour Téhéran

AFP
21/01/2020

Une universitaire britannico-australienne détenue à Téhéran, Kylie Moore-Gilbert, a refusé une offre des Iraniens d'espionner pour leur compte, selon des lettres écrites aux autorités depuis sa prison publiées mardi par la presse britannique.

Mme Moore-Gilbert, qui enseignait les études islamiques à l'université de Melbourne, purge une peine confirmée en appel de 10 ans de prison pour espionnage, une accusation qu'elle rejette.

Dans une des dix lettres manuscrites adressées par l'universitaire en farsi rudimentaire aux autorités iraniennes, et publiées par les quotidiens The Guardian et The Times, elle fait part de son "rejet officiel et définitif" de l'offre de "travailler avec le service de renseignement des Gardiens de la révolution".

"En aucun cas, je ne serai persuadée de modifier ma décision", écrit-elle. "Je ne suis pas une espionne. Je n'ai jamais été une espionne."

Elle explique aussi s'être vu proposer une alternative lors de l'appel de sa peine: soit une peine de 13 mois de prison, qui lui aurait permis d'être libérée, soit une confirmation de sa condamnation à 10 ans d'emprisonnement.

Se sentant "abandonnée et oubliée", Kylie Moore-Gilbert évoque aussi une existence précaire et faite de privations, sans visites ni appels, ainsi que des problèmes de santé récurrents, dans ces missives écrites entre juin et décembre 2019.

Signant "une prisonnière politique innocente", elle demande à être transférée dans la section générale des femmes de la prison d'Evin, après des mois en isolement dans une petite cellule éclairée en permanence.

L'arrestation de l'universitaire avait été confirmée en septembre, mais selon sa famille elle était déjà emprisonnée depuis plusieurs mois à ce moment-là.

D'après le Guardian, elle a été arrêtée en septembre 2018 à l'aéroport de Téhéran après avoir participé à une conférence académique en Iran.

Plusieurs Occidentaux ou ayant la double nationalité iranienne sont emprisonnés en Iran, dans un contexte de tensions exacerbées avec les Etats-Unis.

Un des cas les plus médiatisés est celui de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, une employée de la fondation Thomson Reuters arrêtée en 2016 et condamnée à cinq ans de prison pour participation à des manifestations contre le régime en 2009, ce qu'elle nie.

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