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Libye: l'UE dénonce les ingérences de la Russie et de la Turquie



AFP
15/01/2020

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dénoncé mardi "l'engagement militaire" de la Russie et de la Turquie dans le conflit en Libye, dressant un parallèle avec la situation en Syrie.

"Les choses nous échappent en Libye", a-t-il déploré lors d'un débat très tardif au Parlement européen à Strasbourg.

"Nous disons qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit. Mais ce slogan, nous l'avons dit pour la guerre syrienne. Et à quoi avons-nous assisté en Syrie? A une solution militaire. La même situation risque de se reproduire en Libye", a-t-il averti.

"La Turquie et la Russie ont changé l'équilibre dans la partie orientale de la Méditerranée", a-t-il insisté, ajoutant: "Nous ne pouvons pas accepter que la même situation se reproduise en Libye".

M. Borrell a accusé Moscou et Ankara de s'être "engagés militairement" en Libye, "avec des flux d'armes et des mercenaires".

"Il y a de plus en plus d'armes et de mercenaires. Nous ne pouvons plus dire que la Libye est une guerre sans combattants", a-t-il souligné. "Selon les renseignements, il y a des Syriens et des combattants du Moyen-Orient venus combattre dans un camp ou dans l'autre", a-t-il indiqué.

Le gouvernement libyen dirigé par Fayez al-Sarraj est soutenu par la Turquie. Il affronte les forces du maréchal Khalifa Haftar soutenu par la Russie et l'Egypte.

Josep Borrell a appelé les Européens à "dépasser leurs divisions" et à s'impliquer davantage dans la recherche d'une solution pour mettre fin au conflit. "Si la situation se détériore, des centaines de milliers de personnes qui vivent et travaillent en Libye pourraient bouger vers l'Europe", a-t-il mis en garde.

Les efforts pour régler le conflit en Libye se sont intensifiés mardi avec l'annonce par Moscou d'une trêve prolongée de manière "indéfinie", intervenue lors de négociations dans la capitale russe en présence des deux chefs rivaux libyens.

Selon Moscou, le maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, a besoin de "deux jours" supplémentaires pour étudier le document et en discuter avec les tribus qui lui sont alliées.

Le chef de la diplomatie européenne espère qu'une solution pourra être trouvée lors de la conférence internationale prévue dimanche à Berlin. "Peut-être aurons-nous de bonnes nouvelles, mais peut-être pas", a-t-il conclu.

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