Un agent de change libanais comptant des billets de 100.000 livres. Photo d'archives Mohammad Azakir/Reuters
Des sit-in ont été organisés vendredi devant plusieurs bureaux de change de la rue Hamra, dans le quartier commerçant beyrouthin du même nom, alors que le cours du dollar chez les changeurs a atteint la veille son plus haut taux, à 2.500 livres libanaises. Les manifestants scandaient des slogans appelant à l'utilisation exclusive de la livre libanaise sur le marché local, selon la chaîne de télévision locale LBC.
Par ailleurs, un incident a éclaté plus tôt dans la journée devant une branche de la Bank Audi à Jal el-Dib (au nord de Beyrouth), entre des personnes identifiées comme des employés de la banque et un client. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir plusieurs employés pousser et frapper un homme, l'exhortant à quitter les lieux.
Dans un communiqué publié en soirée et rapporté par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), Bank Audi a "vivement condamné et regretté l'incident qui a eu lieu dans la branche de Jal el-Dib ce matin". "Les employés subissent une grande pression, ce qui a fait que la situation dérape pendant un bref moment", poursuit la banque, qui souligne qu'elle mène "une enquête globale sur l'incident, tout en se conformant à toutes les mesures nécessaires le cas échéant", sans plus de détails.
Depuis plusieurs semaines, les banques libanaises ont établi des mesures restrictives, plafonnant notamment les retraits et limitant la circulation du dollar afin de faire face à l'importante crise de liquidité que connaît le pays. Face à cette crise, le taux de change de la livre libanaise a grimpé en flèche sur le marché secondaire, tandis que le taux officiel observé par les banques reste stable, entre 1.515 et 1.520 livres pour un dollar.

