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L'opposant russe Alexeï Navalny interpellé après des perquisitions

L'opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny lors d'une manifestation contre Vladimir Poutine, le 5 mai 2018, à Moscou. Photo d'archives AFP / Kirill KUDRYAVTSEV

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été interpellé jeudi après des perquisitions menées dans son organisation anticorruption, dont les collaborateurs ont été visés par de multiples enquêtes et fouilles ces derniers mois.

"Alexeï a été interpellé par la force et emmené. Il n'a pas résisté", a indiqué sur Twitter sa porte-parole Kira Iarmych. Peu avant, l'opposant avait diffusé une vidéo montrant la porte de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption, être forcée à la perceuse et à la scie électrique. Une autre vidéo montre des hommes masqués ordonnant aux collaborateurs de l'organisation de se "coller aux murs", tandis que d'autres, en uniforme et en casque, éteignent les caméras des locaux. "Ils ont choisi jeudi exprès, car Alexeï devait s'exprimer aujourd'hui" sur sa chaîne en ligne, a affirmé Kira Iarmych. "La semaine dernière, nous avions environ 1,4 million de spectateurs", a relevé Léonid Volkov, le bras droit de l'opposant.

Selon M. Navalny, qui semble avoir toujours accès à son compte Twitter, la raison officielle de son interpellation est son refus répété de supprimer son enquête anticorruption la plus populaire: une vidéo accusant le Premier ministre Dmitri Medvedev d'être à la tête d'un empire immobilier, qui totalise 32 millions de vues sur YouTube. Les autorités n'ont, elles, pas communiqué sur le sujet dans l'immédiat.

Alexeï Navalny, qui a multiplié les courts séjours en prison ces dernières années, a ironisé dans une vidéo avant son interpellation sur ces nouvelles fouilles, souhaitant aux spectateurs une bonne année avec le sourire et en compagnie des membres de son organisation.

Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), à l'origine de nombreuses enquêtes dénonçant les malversations et le train de vie des élites russes, a été classé cette année comme "agent de l'étranger", une qualification introduite par une loi en 2012 et servant à désigner une organisation bénéficiant du financement d'un autre pays et exerçant une "activité politique".

Ce concept vague et controversé a permis de viser de nombreux groupes critiques du pouvoir, les "agents de l'étranger" étant soumis à d'importantes contraintes administratives et financières et faisant l'objet d'une surveillance accrue.

Le Fonds de lutte contre la corruption a déjà été visé par deux vagues massives de perquisitions dans tout le pays en septembre et octobre en raison d'une enquête ouverte pour "blanchiment d'argent" et a vu ses comptes bancaires gelés.

'Emprisonnement illégal' en Arctique

Mardi et mercredi, M. Navalny s'était insurgé sur les réseaux sociaux contre l'"enlèvement" de l'un de ses collaborateurs, Rouslan Chaveddinov, 23 ans, également interpellé après une perquisition et immédiatement envoyé dans l'Arctique pour y faire son service militaire obligatoire d'un an.

L'opposant a dénoncé un "emprisonnement illégal" et quelques militants s'étaient rassemblés mercredi soir devant l'état-major des forces armées à Moscou pour protester.

Pour les partisans de Navalny, les poursuites visant son organisation sont politiques, les autorités russes ayant déclenché leur enquête pour "blanchiment" contre le FBK au plus fort de la contestation de l'été dernier à Moscou.

Ce mouvement de protestation en faveur d'élections libres, le plus important depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012, avait été sévèrement réprimé par la police et plusieurs manifestants ont été condamnés à de la prison ferme pour "violences".

Largement ignoré par les médias d'Etat, Alexeï Navalny, dont le président russe ne prononce jamais le nom, est un avocat de 43 ans qui a bâti sa popularité sur les réseaux sociaux, où ses publications anticorruption sont abondamment partagées.

M. Navalny, ses partisans et leurs familles font régulièrement l'objet d'interpellations, de perquisitions et pressions policières dans toute la Russie.

Le journal d'opposition Novaïa Gazeta a aussi indiqué jeudi que des perquisitions avaient lieu au domicile moscovite de l'une de ses journalistes, Ioulia Martovalieva, dans le cadre d'une affaire séparée. Elle a été interpellée.

Selon le média, ces fouilles sont liées à des documents publiés sur les réseaux de contrebande dans les régions séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine.

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a été interpellé jeudi après des perquisitions menées dans son organisation anticorruption, dont les collaborateurs ont été visés par de multiples enquêtes et fouilles ces derniers mois. "Alexeï a été interpellé par la force et emmené. Il n'a pas résisté", a indiqué sur Twitter sa porte-parole Kira Iarmych. Peu avant, l'opposant avait diffusé une vidéo montrant la porte de son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption, être forcée à la perceuse et à la scie électrique. Une autre vidéo montre des hommes masqués ordonnant aux collaborateurs de l'organisation de se "coller aux murs", tandis que d'autres, en uniforme et en casque, éteignent les caméras des locaux. "Ils ont choisi jeudi exprès, car Alexeï devait s'exprimer aujourd'hui" sur...