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Grande manifestation antifasciste des "sardines" à Rome

AFP
14/12/2019

Des dizaines de milliers de personnes, les fameuses "sardines" antifascistes, ont envahi samedi une des plus grandes places de Rome, devant la basilique Saint-Jean de Latran, pour manifester contre l'extrême droite et les idées de cette mouvance.

"Ces sardines sont certainement dans le camp de la gauche. Tout le monde n'a pas envie d'insulter, de propager la haine. Je suis venu pour témoigner, autrement j'aurais honte d'être Italien", explique à l'AFP Roberto Piperno, un retraité.

"Ils n'ont pas un discours politique très articulé et c'est bien comme ça, les discours politiques trop articulés divisent les gens", ajoute-t-il.

Le mouvement des Sardines est né il y a un mois à Bologne quand une manifestation organisée par quatre inconnus a rassemblé par surprise 15.000 personnes pour dénoncer le discours "de haine et de division" de Matteo Salvini, ex-numéro deux du gouvernement et chef de la Ligue (extrême droite).

Depuis, des dizaines de manifestations, rythmée par le chant des résistants Bella Ciao, ont rassemblé au total 300.000 personnes, à Milan, Florence, Naples ou Palerme.

Samedi à Rome, la foule a chanté de nouveau avec un bel entrain aussi bien Bella Ciao, le plus célèbre chant des partisans italiens antifascistes, que l'hymne national en écoutant la lecture de morceaux choisis de la Constitution.

Les sardines, jeunes et du troisième âge, venues à pied, en vélo et même en fauteuil roulant, rivalisaient d'imagination pour se distinguer dans la foule: qui portait une gigantesque sardine colorée de papier, qui une "brochette" de sardines, qui une méduse ...

"Nous courons un risque, croire que les sardines soient la solution à tous les maux. Mais les sardines n'existent pas, ce sont des personnes qui remplissent les places avec leurs idées et voient un ennemi, la pensée unique simplifiée du populisme", a déclaré à la foule Mattia Santori, l'un des fondateurs de ce mouvement.

L'idée est de "faire émerger une nouvelle énergie à travers une forme bien plus libre et spontanée" qu'un parti, en se dotant d'une organisation "qui ne sera pas hiérarchique" mais fixera de "grandes orientations", avait souligné la veille Mattia Santori, 32 ans, chercheur en économie et coach sportif bénévole dans des associations.

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