Une station-service à Beyrouth, le 8 novembre 2019. Photo Marwan Assaf
Des représentants du secteur des carburants au Liban se sont entretenus lundi avec le ministre sortant des Finances, Ali Hassan Khalil, réclamant une "solution définitive" à la crise que connait ce secteur en raison de la limitation de la disponibilité du dollar américain sur le marché libanais.
En raison de cette crise, de nombreuses stations services n'ont pas pu être approvisionnées et ont fermé temporairement leurs portes, notamment dans la région de Tyr (Liban-Sud).
A l'issue de la réunion avec M. Khalil, les représentants du secteur des carburants ont annoncé une réunion, à 17h, avec le Premier ministre démissionnaire Saad Hariri. Ils ont réclamé "une solution définitive" à la crise, alors que ce secteur pourrait "faire faillite" dans la situation actuelle. Ils ont toutefois démenti toute volonté d'augmenter le prix des carburants.
Les distributeurs de carburant dénoncent depuis mercredi les modifications apportées à la circulaire n° 530 par le BDL pour assurer, sous certaines conditions, aux importateurs de carburant (essence, mazout et gaz), de farine et de médicaments, l’accès à des liquidités en dollars au taux officiel pour les nouvelles commandes. La livre est fixée au dollar depuis 1997, mais son cours fluctue sur le marché secondaire depuis que la BDL a décidé de limiter sa circulation à la fin de l’été pour des raisons liées à la précarité de la stabilité financière du pays. Jeudi, les propriétaires de stations-service, de camions-citernes et autres distributeurs intermédiaires avaient annoncé qu’ils allaient continuer de vendre le carburant déjà stocké au prix imposé par l’État, mais qu’ils allaient suspendre les nouvelles commandes jusqu’à ce qu’une réponse positive à leurs revendications soit apportée par les responsables concernés. Les représentants du secteur n’ont pas précisé la quantité des stocks disponibles. Selon une source proche du dossier, les sociétés importatrices de carburant ne seraient en effet pas alignées sur cette position et devraient continuer à alimenter les stations-service dépendant directement d’elles.
Dimanche, le président du syndicat des stations-services avaient annoncé que la crise "était en voie de dénouement", alors que des pétroliers avaient déchargé une partie de leurs cargaisons et continueraient à le faire jusqu' à mardi auprès de quatre sociétés importatrices. Il avait toutefois appelé ces sociétés à accepter que les stations-services paient les stocks de carburants en livres libanaises et non en dollar.


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