Le gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, lors d'un entretien accordé à l'agence Reuters, le 24 octobre 2017 à Beyrouth. Photo d'archives REUTERS/Jamal Saidi
Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL) Riad Salamé s'exprimera lundi à 12h30 sur "la situation des services bancaires" au Liban où, depuis 25 jours, la population se révolte contre la classe dirigeante, accusée de corruption, tandis que la crise économique et financière s'intensifie.
Si Riad Salamé s'est exprimé à plusieurs reprises, depuis le début du mouvement de contestation le 17 octobre, ce sera la première fois qu'il s'adressera directement aux Libanais, depuis le siège de la BDL à Beyrouth. M. Salamé fait partie des cibles privilégiées des contestataires, qui l'accusent d'avoir couvert la corruption des dirigeants et critiquent ses politiques financières et monétaires.
Pendant les deux premières semaines du mouvement de contestation, les banques ont fermé leurs portes. Elles avaient rouvert pour un peu plus d'une semaine avant d'annoncer qu'elles fermeraient à nouveau le samedi 9 et lundi 11 novembre, à l'occasion de la fête de la naissance du prophète Mahomet. De quoi leur donner un peu de répit alors qu'elles doivent faire face à une crise sans précédent. En effet, les banques font l'objet d’une pression croissante de la part de leurs clients, dans un contexte de crise économique rampante et de crainte d'une pénurie du dollar américain. Pour faire face à cette situation, de nombreux établissements ont instauré des mesures restrictives, s'apparentant à un contrôle des capitaux, pour éviter une vague de retraits massifs et la fuite de capitaux hors du pays.
Pour "discuter de solutions" à cette crise, une réunion a eu lieu la veille au palais présidentiel, à laquelle étaient notamment présents M. Salamé, le président de l'Association des banques Salim Sfeir, et le ministre des Finances Ali Hassan Khalil. A l'issue de cette réunion, M. Sfeir avait appelé les Libanais à "ne pas paniquer", affirmant que "l'argent des dépositaires est préservé" et que ce qui se passe "n'est pas lié à une question de solvabilité". Il avait annoncé que le gouverneur de la BDL avait été chargé de "prendre les mesures nécessaires pour maintenir la sécurité monétaire, la stabilité économique et la sécurité du système bancaire, conformément au Code de la monnaie et du crédit, et de proposer les mesures nécessaires pour des solutions pratiques en cas de besoin".

