Photo AFP / MARTIN BUREAU
Une nouvelle opération d'évacuation de migrants, la 59e depuis l'été 2015, a permis jeudi le démantèlement de deux campements à Paris et l'évacuation de plus de 1.600 personnes, dans un contexte de durcissement de la politique migratoire de la France.
"Au total, 1.606 personnes ont été évacuées", a souligné la préfecture sur Twitter. Avec cette évacuation, près de la moitié des migrants du nord-est de Paris, qui vivaient sous des tentes de fortune près du périphérique parisien, ont été emmenés vers des gymnases ou des centres d'accueil, a constaté un journaliste de l'AFP.
Quelque 1.500 à 3.000 exilés vivaient à Paris dans des tentes à portée des pots d'échappement du périphérique et de l'autoroute. L'autre partie, qui se trouve dans un camp voisin de ceux démantelés jeudi, doit faire l'objet d'une prochaine opération.
Awa, Ivoirienne de 32 ans, dormait dans une tente depuis son arrivée en France il y a un an. Dans la file d'attente sous un embranchement du périphérique pour monter dans un bus, elle explique qu'on est venu la voir à 03h00 pour lui proposer cette mise à l'abri. "Je ne sais pas où je vais, mais ça me fait plaisir d'y aller, parce que j'aurai un toit ce soir", dit-elle à l'AFP en emportant juste un sac à dos avec elle.
Le Premier ministre Édouard Philippe avait notamment affirmé que son gouvernement voulait "reprendre le contrôle de la politique migratoire" nationale.
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait de plus assuré que les campements du nord-est parisien allaient être évacués "d'ici la fin de l'année".
"Jusque-là, on avait des opérations de mise à l'abri de 200, 300 personnes, mais on ne vidait jamais les campements et ils revenaient. Avec cette opération, on a un objectif de zéro retour", explique-t-on à la préfecture de police (PP).
Les campements prenaient "trop d'ampleur" et une "délinquance" s'y installait, selon la PP, qui en veut pour preuve les 213 atteintes aux personnes répertoriées dans le secteur début 2019. Sans compter les "rixes entre migrants".
"Chaque fois on nous a dit ça ne se reproduira plus", souligne la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, présente également, rappelant qu'il s'agit de la 59e mise à l'abri depuis l'été 2015. "Il est clair pour que cela ne se reproduise plus, il faut un dispositif d'accueil adapté et digne", réclame-t-elle.
Les associations de défense des migrants craignent, elles, que l'opération ne se transforme en vaste coup de filet avec des placements en détention.
Les mises à l'abri se feront sur la base du "volontariat", insiste à l'inverse la préfecture de région. Les examens des situations administratives se feront dans un second temps, mais l'accueil reste "inconditionnel", souligne-t-on.
Pour éviter que des camps ne se reforment, des forces mobiles doivent "tourner 24 heures sur 24 sur place" et un "dispositif de vidéo-patrouilles" est prévu.

