Des manifestants lors d'un sit-in devant le siège d'Alfa à Dekouané, au nord de Beyrouth, le 6 novembre 2019. Photo DR
Plusieurs dizaines de personnes manifestent depuis le matin devant les sièges de entreprises de téléphonie mobile Alfa et Touch, alors que depuis 21 jours, le Liban entier est mobilisé pour faire tomber la classe dirigeante, accusée de corruption.
Dany, un père de famille propriétaire d'une petite entreprise est présent devant le siège d'Alfa à Dekouané, au nord de Beyrouth. Il affirme avoir fermé son établissement "depuis le début de la révolution". Les jours précédents, il se trouvait quotidiennement aux barrages installés sur les routes du pays, "mais on nous accusait d'être des bandits et d'empêcher les autres citoyens de circuler", souligne-t-il. Alors, il est venu, suite aux appels dans ce sens sur les réseaux sociaux, manifester devant Alfa, "un des symboles de la corruption dans le pays". "Ces sociétés, Alfa et Touch, font des profits sur le dos des gens", dénonce-t-il. Il critique notamment le fait que les cartes SIM au Liban expirent après 30 jours si elles ne sont pas rechargées "et puis on nous propose de racheter le même numéro". "Dans quel pays cela fonctionne-t-il comme ça", s'offusque-t-il. Dany ajoute que s'il reste mobilisé, c'est "pour ses enfants".
Au cours du sit-in devant le siège d'Alfa, une responsable de la société est descendue s'adresser aux manifestants. Mais au lieu d'essayer de dialoguer avec les personnes présentes, "elle a tenté de provoquer un incident", selon un témoin sur place.
Au Liban, les télécommunications sont parmi les plus chères de la région. Le 17 octobre, c'est une taxe proposée sur les appels passés via les messageries instantanées qui a déclenché le mouvement de révolte, qui depuis paralyse le pays avec la fermeture, durant les deux premières semaines, des banques, écoles et universités. Sous la pression de la rue, le Premier ministre Saad Hariri a démissionné le 29 octobre, mais les concertations pour la formation d'un nouveau cabinet n'avancent pas, exacerbant la colère des manifestants.

