Sylvain Tesson, photographié en février 2016. Joël Saget / AFP
« Je suis comme un lapin sorti du chapeau, je me sens comme une panthère dans un monde en ordre », a déclaré l’écrivain-voyageur âgé de 47 ans qui a reçu hier le prix Renaudot. Sylvain Tesson l’a emporté au 2e tour par 6 voix contre 2 pour La part du fils (Stock) de Jean-Luc Coatalem et 2 voix à Pourquoi tu danses quand tu marches ? (JC Lattès) de l’écrivain franco-djiboutien Abdourahman A. Waberi.
« J’espère que cela aidera mieux à comprendre et sauvegarder les animaux qui en ont tant besoin », a souligné Tesson, qui avait remporté en 2009 le prix Goncourt de la nouvelle et le prix de la nouvelle de l’Académie française pour Une vie à coucher dehors (Gallimard), ainsi que le prix Médicis essai en 2011 pour Dans les forêts de Sibérie (Gallimard).
Grand baroudeur, amateur des sommets et connaisseur du Tibet qu’il a parcouru de nombreuses fois, véhiculé, à pied ou à vélo, Sylvain Tesson a pris à nouveau la direction des hauts plateaux, en plein hiver, avec le photographe animalier Vincent Munier, à la recherche de cet animal, la panthère des neiges, dont il reste à peine quelques milliers de spécimen au monde. À 5 000 mètres d’altitude, « les conditions d’observation deviennent très difficiles, il faut parfois rester immobile pendant trente heures consécutives par -30° C pour apercevoir quelques minutes le passage majestueux de l’animal »... L’occasion d’une réflexion, Tesson « nous entraîne dans cette aventure singulière où l’on s’intéresse autant à l’art de l’affût animalier qu’à la spiritualité asiatique ».
Le récit de Sylvain Tesson s’est déjà écoulé à 50 000 exemplaires selon l’institut GfK cité par le magazine professionnel Livres Hebdo.
Cher cinéma français (Albin Michel) d’Éric Neuhoff a été récompensé par le Renaudot essai. Le pamphlet de l’écrivain journaliste ne fait pas dans la dentelle. « Le cinéma français agonise sous nos yeux, écrit en effet Neuhoff. Il est à peine l’ombre de lui-même. Bientôt, on punira les enfants qui n’ont pas fini leurs devoirs en les obligeant à regarder les nouveautés. C’est ainsi, le plaisir est devenu une corvée. Si tu n’es pas sage, tu iras voir le dernier Ozon. »
AFP et rédaction

