Le minsitre libanais des Télécoms, Mohammad Choucair. Photo d'archives Dalati et Nohra
Quelques dizaines de manifestants anti-pouvoir se sont rassemblés mardi matin au bas du domicile du ministre des Télécoms libanais, Mohammad Choucair, alors que le Liban connaît son 13e jour consécutif de manifestations inédites contre le pouvoir, déclenchées par une décision du ministre en question qui voulait imposer une taxe sur les messageries telles que WhatsApp.
"Ecoutez, écoutez, M. le ministre !", ont lancé les manifestants, munis de mégaphones et rassemblés au bas de l'immeuble du responsable situé à la rue Bliss, dans la capitale Beyrouth.
Il n'est pas clair si Mohammad Choucair se trouvait chez lui à ce moment-là.
Ce genre d'action est nouveau dans le cadre de la révolte. Il intervient au moment où de nombreux automobilistes protestent contre les coupures des grandes routes du pays par les manifestants, appelant ces derniers à manifester devant les domiciles des responsables pour réclamer leur démission.
La révolte libanaise a été déclenchée le 17 octobre après l'annonce de la taxe sur les appels via WhatsApp. Cette mesure a été vite annulée mais la colère ne s'est pas apaisée contre la classe dirigeante, jugée incompétente et corrompue dans un pays qui manque d'électricité, d'eau ou de services médicaux de base 30 ans après la fin de la guerre civile (1975-1990).
Un temps évoqué, un remaniement ministériel ne paraît plus à l'ordre du jour. Les principaux ministres, même les plus conspués par la rue, refusent d'être sacrifiés sur l'autel de la colère populaire, rapporte la presse.

