Photo d'illustration P.H.B.
Les syndicats des boulangers libanais ont menacé jeudi d'entamer une grève lundi, alors que ce secteur rencontre des difficultés pour payer ses fournisseurs de blé en dollars, cette devise étant difficile à obtenir auprès des banques libanaises ces dernières semaines.
Cet avertissement intervient malgré l'émission par la banque centrale (BDL) d'une circulaire régulant le mécanisme d'octroi de dollars aux minotiers et au secteur des carburants et de la distribution de médicaments.
"Nous vendons (le pain, ndlr) en livres libanaises et nous payons nos factures en dollars, et personne ne veut nous écouter au sujet du drame que nous vivons. Pour cela, nous accordons un délai aux responsables pour résoudre la crise, à défaut de quoi nous serons en grève à partir de lundi", ont annoncé les syndicats lors d'une conférence de presse.
"Nous ne pouvons plus continuer de la sorte. Le pain est menacé, et les dirigeants ne se soucient pas de la crise", ont encore dénoncé les syndicats.
Lundi, ils avaient indiqué de leur côté que les difficultés actuelles avaient provoqué une hausse du prix de la farine importée.
Dans ce contexte, les minotiers avaient mis en garde contre il y a deux jours contre "une crise du pain". Le rassemblement avait notamment critiqué le manque de clarté concernant le paiement du blé déjà importé de l’étranger et des dettes contractées par les industriels du secteur, qui doivent être remboursées en dollars. Lundi, les syndicats de boulangers avaient indiqué de leur côté que les difficultés actuelles avaient provoqué une hausse du prix de la farine importée.
La circulaire de la BDL propose une solution aux professionnels des filières concernées qui sont obligés de régler leurs marchandises en dollars mais qui encaissent une partie plus ou moins importante de leurs recettes en livres libanaises. Le processus mis en place est néanmoins soumis à certaines contraintes, comme la nécessité d’attendre le feu vert de la BDL, de bloquer une somme en dollars équivalente à 15 % du montant de la commande pour laquelle les professionnels concernés souhaitent retirer des dollars ou de s’acquitter d’une commission de 0,5 % du montant demandé. La publication de cette circulaire intervient dans un contexte tendu lié à la dégradation de la situation économique du pays, combinée à un resserrement de la circulation de dollars sur le marché local, où le billet vert cohabite avec la livre, à un taux fixé par la BDL (1 507,5 livres pour un dollar). Or les retraits de billets verts à travers les distributeurs automatiques et les guichets ont récemment été fortement limités, tandis que le prix demandé par les changeurs, et depuis peu même par certains commerçants, a dépassé le seuil des 1 600 livres. Cette situation a notamment fait réagir certains professionnels, comme les distributeurs de carburant, les minotiers ou les importateurs de médicaments.

