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Boris Johnson promet des propositions imminentes sur le Brexit

AFP
01/10/2019

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a promis mardi des propositions à Bruxelles "très bientôt" pour éviter un Brexit sans accord dans moins d'un mois, après des fuites sur les solutions envisagées par Londres pour la frontière irlandaise très mal accueillies.

A 30 jours de la date prévue pour le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne, le temps presse et pour Paris, l'hypothèse d'un divorce sans accord, aux retombées économiques potentiellement chaotiques, est "la plus plausible".

Mais Boris Johnson, depuis Manchester où se tient le congrès annuel du parti conservateur, a continué à marteler qu'il cherchait un compromis. "Nous allons faire une très bonne proposition, nous allons la faire formellement très bientôt", a-t-il assuré à la BBC.

Bruxelles et Londres ne parviennent toujours pas à se mettre d'accord sur des alternatives concrètes au "filet de sécurité", mécanisme visant à éviter le retour d'une frontière en Irlande entre la province britannique du Nord et la république membre de l'UE au sud, après le Brexit.

Selon des informations de la chaîne de télévision irlandaise RTE, Londres envisage d'organiser des contrôles douaniers à plusieurs kilomètres de la frontière irlandaise, dans des centres dédiés. Les biens transportés d'un site vers un autre seraient surveillés en temps réel par téléphone portable ou grâce à des dispositifs de localisation embarqués dans les camions, selon ce plan informel cité par RTE.

"Accepter la réalité"

Au Parlement, le secrétaire d'Etat chargé du Brexit, James Duddridge, a démenti tout "projet de contrôles physiques à la frontière" et assuré que les documents cités étaient "techniques" et pas des "propositions finales".

Boris Johnson a également démenti que son plan prévoyait des "centres de dédouanement" mais reconnu qu'il devrait y avoir des contrôles si le Royaume-Uni quittait l'union douanière et le marché unique.

"Nous allons devoir accepter la réalité, il devra y avoir un système de contrôles douaniers", a-t-il averti, assurant que cela ne nécessiterait pas "de nouvelle infrastructure". "C'est sur ce point que la négociation sera difficile", a-t-il ajouté.

Les fuites de RTE, dénoncées comme impliquant le retour d'une frontière, ont provoqué une levée de boucliers.

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a estimé devant le Parlement qu'"aucun gouvernement britannique ne devrait chercher à imposer des centres douaniers" entre les deux Irlande "contre la volonté" de leurs peuples. Il s'est ainsi dit "très heureux" que Boris Johnson ait "pris ses distances" par rapport à ces documents.

Interviewée par la BBC, la cheffe du Sinn Fein (parti républicain qui milite pour une Irlande réunifiée), Mary Lou McDonald, a jugé que les propositions ayant fuité dans la presse, "saboteraient" le processus de paix en Irlande du Nord.

En 1998, la signature de l'accord du "Vendredi saint" avait mis fin en Irlande du Nord à trois décennies de violences opposant des républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l'Irlande, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique.

L'Irlande redoute une résurgence des violences en cas de réapparition d'une frontière terrestre et de contrôles entre les deux Irlande.

"Les propositions qui ont été faites jusqu'à présent ne permettent pas de rentrer dans le cadre de l'accord dit du +Vendredi saint+ sur la question irlandaise et de l'intégrité du marché intérieur", a estimé mardi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, jugeant une sortie sans accord comme l'hypothèse "la plus plausible".


"Grosse concession"

Mardi, Boris Johnson a réaffirmé sa volonté de réaliser le Brexit le 31 octobre bien que le Parlement ait voté une loi lui imposant de demander un nouveau report s'il n'obtenait pas d'accord avec l'UE d'ici le 19 octobre, juste après le prochain sommet européen.

Il a assuré que des progrès avaient été accomplis et souligné que Londres avait fait une "grosse concession" en acceptant que l'Irlande du Nord et la République d'Irlande suivent les mêmes règles en matière d'agro-alimentaire.

Sur les échanges agricoles, "les décisions en matière de règles sanitaires et phytosanitaires continueraient à être prises à Bruxelles sans que le Royaume-Uni n'ait son mot à dire", a-t-il précisé.

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