Un ancien détenu dans la prison de Khiam devant une affiche appelant à la pendaison de l’ancien chef militaire de la milice pro-israélienne de l’Armée du Liban-Sud, Amer Élias Fakhoury, lors d'une manifestation devant le Palais de justice de Beyrouth, le 12 septembre 2019. Photo d'archives AFP / ANWAR AMRO
Les anciens détenus de la prison de Khiam (au Liban-Sud) ont distribué lundi matin, dans le centre-ville de Beyrouth, une liste de noms de toutes les personnes ayant travaillé dans le centre de détention de Khiam, au Liban-Sud, sous le titre "les bouchers de Khiam"
La liste distribuée lors d'une action entrant dans le cadre du mouvement des anciens détenus pour réclamer justice a pour objectif de "faire connaitre aux gens le rôle de certains collaborateurs avec Israël, qui ont renforcé l'occupation israélienne", a souligné l'ancien détenu Abbas Kabalane.
L'association des anciens détenus doit publier, officiellement, cette liste noire mardi, au cours d'une conférence de presse.
Ils ont par ailleurs prévu que leur mouvement de contestation pourrait connaitre une escalade au cas où ils ne seraient pas satisfaits du jugement rendu dans l'affaire de l'ancien cadre de l'Armée du Liban-Sud (milice pro-israélienne) Amer Fakhoury, incarcéré depuis son retour au Liban il y a plusieurs semaines.
L'ancien détenu, Jaafar Dib, a annoncé lors de cette initiative que le mouvement de contestation pourrait prendre plus d'ampleur "en fonction de ce que la justice et les responsables libanais décideront dans l'affaire Fakhoury". "Si on ne nous rend pas justice, nous aurons recours à l'escalade", a-t-il déclaré.
En 1996, M. Fakhoury, qui aurait commis selon des sources judiciaires les pires actes de torture lorsqu'il était en charge de Khiam, avait été condamné par contumace à 15 ans de prison pour collaboration avec Israël. Se croyant couvert par la prescription, il a voulu rentrer au pays, ne s’attendant pas à ce que les autorités l’appréhendent pour d’autres crimes, notamment l’obtention présumée de la nationalité israélienne. Le 17 septembre, la juge d'instruction militaire, Najat Abou Chacra avait lancé un mandat d’arrêt à son encontre. Depuis, plusieurs anciens détenus ont témoigné devant la justice et l'avocat des familles des anciens détenus, Maan Assaad, avait demandé la semaine dernière au tribunal militaire d'annuler la prescription de la condamnation de M. Fakhoury.

