Le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui se rend à Paris pour assister lundi aux côtés d'une trentaine de chefs d'État et de gouvernement étrangers à l'hommage qui sera rendu à l'ancien président français Jacques Chirac, décédé jeudi à 86 ans des suites d'une longue maladie, a écrit une tribune dans le Journal du Dimanche (JDD) dans laquelle il exprime "son affection et son respect" à l'ancien chef de l’État français.
"Les grands hommes marquent à jamais ceux qu’ils rencontrent. Certains marquent même le destin d’un pays. Pour le président Jacques Chirac ce fut d’abord le sien, cette France qu’il aimait tant, mais aussi le Liban, auquel il vouait une amitié inextricablement liée à son exceptionnelle relation avec Rafic Hariri", écrit le Premier ministre, en évoquant les liens d'amitiés qui unissaient son père à l'ex-chef de l’Élysée.
"Sans Jacques Chirac, il n’y aurait pas aujourd'hui de Tribunal spécial pour le Liban, jugeant les assassins de mon père Rafic Hariri, "qui incarnait la volonté indéfectible d’indépendance, de liberté et de démocratie du Liban", avait souligné l’Élysée ce jour-là. Il me l’avait dit d’ailleurs, lors de son arrivée à Beyrouth, au lendemain du crime : "Ils vont le payer cher", ajoute Saad Hariri dans sa tribune.
Seul chef d'État occidental à se rendre aux obsèques de Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth en février 2005, l'ancien président français avait joué un rôle-clé dans la création du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé d'enquêter sur cet assassinat et celui d'autres personnalités opposées au régime syrien. Avant l'assassinat de Rafic Hariri, Jacques Chirac avait également œuvré pour l'adoption en 2004 de la résolution 1559 du Conseil de sécurité, appelant au départ des troupes étrangères du Liban. Quelques mois plus tard, en avril 2005, l'armée syrienne s'était retirée au terme de 29 ans de présence militaire et de tutelle politique sur son petit voisin. Sur le plan économique, Jacques Chirac a parrainé deux conférences d'aide internationales au Liban baptisées "Paris II" et "Paris III", organisées dans la capitale française en 2002 et 2007 respectivement. A son départ de l’Élysée en 2007, Jacques Chirac avait été hébergé dans un duplex à Paris, mis à sa disposition pendant plus de huit ans par la famille Hariri.
Le Liban a décrété un jour de deuil national lundi, en hommage à l'ancien président français.

