Des manifestants appelant à la fin du conflit au Darfour, devant le ministère soudanais de la Justice, à Khartoum, le 23 septembre 2019. Photo REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah
Quatre-vingt-cinq personnes ont été tuées dans la répression d'un mouvement de protestation en juin à Khartoum, a indiqué mardi une instance gouvernementale chargée des droits de l'Homme, dans un bilan inférieur à celui donné par le mouvement de contestation.
Le 3 juin, les forces de l'ordre avaient réprimé un sit-in qui réclamait aux militaires ayant pris la tête du pays après la destitution en avril du président Omar el-Bachir un transfert du pouvoir aux civils. Un comité de médecins proche du mouvement de contestation avait indiqué que le drame, devant le quartier général de l'armée, avait fait au moins 127 morts et des centaines blessées. Mais le Comité des droits de l'Homme a fait état mardi d'un bilan de 85 morts dans la dispersion du sit-in et dans les jours qui ont suivi.
"Les données de la police montrent que 85 personnes ont été tuées et 239 blessées entre le 3 et le 12 juin à Khartoum", a indiqué à la presse Hurriya Ismail, la présidente du comité. Elle a ajouté que les hommes armés qui avaient dispersé le sit-in étaient vêtus d'uniformes de la police et d'une force paramilitaire, les redoutées Forces de soutien rapide (RSF). Ils ont eu recours à un "maximum de force sans donner aucun avertissement à ceux qui participaient au sit-in, un rassemblement légal et pacifique", a indiqué Mme Ismail. Les personnes "impliquées (dans cette répression) devraient être jugées", a-t-elle ajouté.
Le Premier ministre Abdallah Hamdok, en poste depuis un mois à la suite d'un accord entre militaires et contestation prévoyant une transition du pouvoir aux civils, a récemment formé un comité "indépendant" chargé d'enquêter sur la répression, à la demande du mouvement de contestation.
Fin juillet, une enquête menée par le Conseil militaire de transition, alors au pouvoir, avait conclu à l'implication dans cette répression de huit membres des RSF. Le Conseil militaire avait alors insisté sur le fait qu'il n'avait pas ordonné la dispersion du sit-in, mais une "opération de nettoyage" à proximité du rassemblement qui aurait mal tourné.
Le 3 juin, les forces de l'ordre avaient réprimé un sit-in qui réclamait aux militaires ayant pris la tête du pays après la destitution en avril du président Omar el-Bachir un transfert du pouvoir aux civils. Un comité de médecins proche du mouvement de contestation avait indiqué que le drame, devant le quartier général de l'armée, avait fait au moins 127 morts et des centaines blessées. Mais le Comité des droits de l'Homme a fait état mardi d'un bilan de 85 morts dans la dispersion du sit-in et dans les jours qui ont suivi."Les données de la police...

