Les députés irakiens ont voté mardi la levée de l'immunité du plus tonitruant d'entre eux, un libéral critique des autorités et de la corruption endémique dans le pays, accusant cet opposant historique de l'ancien régime du parti Baas d'avoir fait son apologie.
Tête de liste de Tamaddoun, une alliance laïque, Fayeq al-Cheikh Ali, avait provoqué la polémique en proclamant récemment sur une télévision locale que "la chaussure d'Ahmed Hassan al-Bakr valait plus que tous les politiciens sans foi ni loi" d'Irak.
Ahmed Hassan al-Bakr a été président de l'Irak de 1968 à 1979, date à laquelle son vice-président, Saddam Hussein, membre comme lui du parti Baas, l'a écarté pour s'installer à sa place.
La question du Baas est particulièrement sensible en Irak depuis l'invasion emmenée par les Etats-Unis en 2003 qui a renversé Saddam Hussein. Une loi dite de débaassification empêche tout retour aux affaires des dignitaires de l'ancien régime et criminalise également ceux qui en feraient l'apologie.
"L'immunité de M. Cheikh Ali a été levée après une demande du Parquet suite à trois plaintes, les deux principales pour apologie du Baas et pour un différend avec l'ex-députée Hanane Fatlaoui", a indiqué à l'AFP un parlementaire qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.
Mme Fatlaoui est une politicienne chiite qui s'est illustrée par le passé par des déclarations virulentes contre la minorité sunnite. Celle qui est désormais conseillère du Premier ministre pour les questions liées aux femmes est engagée depuis plusieurs mois dans une passe d'armes --principalement sur Twitter-- avec M. Cheikh Ali.
Après l'annonce de la levée de son immunité, le député --qui compte 140.000 abonnés sur Twitter-- a posté sur ce réseau social une chanson traditionnelle koweïtienne à l'adresse de ses collègues au Parlement intitulée: "vous êtes contents maintenant?".
L'homme s'était déjà illustré lors de la campagne législative de 2018 en appelant "à tous ceux qui aiment le bon vin et apprécient un bon arak", affirmant être le seul à "les défendre au Parlement".

