Le président du Parlement, Nabih Berry. Photo d'archives Reuters
Le député Amal Ali Bazzi, qui s'est entretenu mercredi à Aïn el-Tiné avec le président du Parlement Nabih Berry, a affirmé que le chef du Législatif était optimiste au sujet des rapports des agences de notations américaines qui doivent évaluer en fin de semaine la note souveraine du Liban.
"La crise économique était au centre des discussions (...)", a fait savoir M. Bazzi, lors d'un point de presse. "Le président Berry a estimé que les évaluations des agences de notation donnent au Liban une occasion de rectifier la situation, a-t-il souligné. L'atmosphère est positive, surtout après la réconciliation" entre les rivaux druzes Walid Joumblatt et Talal Arslane suites aux affrontements meurtriers de Qabr Chmoun le 30 juin, a affirmé M. Bazzi en citant le président de la Chambre.
C’est en principe cette semaine que deux des trois principales agences de notation américaines, Fitch et Standard & Poor’s (S&P), vont mettre à jour leurs évaluations respectives de la dette souveraine libanaise. Fitch devrait publier son rapport jeudi, alors que S&P devrait dévoiler le sien vendredi. Cette nouvelle mise à jour est très attendue dans la mesure où la note souveraine du Liban pourrait être dégradée par ces deux agences. Le pays est actuellement noté "B-" avec perspective "négative" par chacune d’entre elles, tandis que la troisième, Moody’s, a abaissé en janvier la note du pays d’un cran, de "B3" – "négative" à "Caa1" – "stable"
Par ailleurs, Ali Bazzi a commenté un article du quotidien libanais proche du Hezbollah al-Akhbar, dans lequel l'auteur affirme que le Premier ministre, Saad Hariri, s'est entretenu secrètement à Washington avec John Bolton, conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, au sujet du litige frontalier entre le Liban et Israël, estimant que le chef du gouvernement court-circuite ainsi le président de la Chambre qui est en charge de ce dossier côté libanais. "Le président Berry estime que ce qui a été écrit dans l'un des quotidiens ne reflète pas la réalité de ce qui s'est passé, et il est indiscutable que c'est M. Berry qui est en charge du dossier de la délimitation des frontières", a expliqué Ali Bazzi.
La dispute concernant les frontières maritimes entre les deux pays encore techniquement en guerre est sensible notamment en raison du litige gazier qui en découle.
Le Liban a signé en février 2018 son premier contrat d'exploration offshore avec un consortium dominé par le groupe français Total. Deux blocs sont concernés, notamment le bloc 9, dont une partie se trouverait dans une zone maritime disputée avec Israël.
Washington a approché ces derniers mois les deux pays pour proposer sa médiation. Fin mai, le gouvernement israélien avait dit accepter "d'entamer des discussions bilatérales avec la médiation des Etats-Unis pour mettre un terme au litige frontalier".


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