Un policier, condamné pour avoir tué à Athènes en 2008 un adolescent dont la mort avait déclenché des émeutes, a été remis en liberté après avoir vu sa peine réduite à 13 ans de prison, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
En première instance en 2010, le policier Epaminondas Korkoneas avait été reconnu coupable d'avoir tué intentionnellement, le 6 décembre 2008, Alexis Grigoropoulos, 15 ans, dans le quartier contestataire d'Exarchia. Il avait été alors condamné à la prison à perpétuité.
La mort d'Alexis Grigoropoulos avait déclenché en 2008, pendant plusieurs mois, une série de manifestations et d'émeutes inédites à Athènes et à travers le pays, pour dénoncer la violence policière. Elle donne lieu chaque année à des marches en mémoire du lycéen, souvent marquées par des heurts entre manifestants et forces de l'ordre.
Lundi, le tribunal d'appel de Lamia (centre) a réduit la peine du policier à 13 ans de prison, soulignant qu'il n'avait pas d'antécédent judiciaire.
Ayant déjà effectué 10 ans de détention et ayant effectué des travaux en prison, il avait également droit à une remise de peine et a été libéré de prison mardi soir. Un rassemblement est prévu mercredi soir, au croisement des rues d'Athènes où Alexis Grigoropoulos a été tué, pour protester contre la décision de justice.
"Le meurtre d'un enfant reste pratiquement impuni avec une peine inachevée", avait dénoncé lundi l'avocate de la partie civile Me Zoé Konstantopoulou à la radio Skaï.
Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis, élu le 7 juillet dernier, dénonce une loi votée par le précédent gouvernement permettant d'alléger les peines des détenus en cas de bonne conduite et de travaux effectués en prison.
Un projet de réforme du code pénal devrait être voté dans quelques semaines pour rendre les allégements de peine et les permissions de sortie des détenus plus difficiles à obtenir.


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