Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan. Photo d'archives AFP
Le Pakistan a exprimé l'espoir mardi que la visite prévue lundi prochain du Premier ministre Imran Khan à la Maison Blanche permettra d'améliorer ses relations, aujourd'hui tumultueuses, avec Washington, alors que les États-Unis sollicitent son aide pour mettre un terme à la guerre en Afghanistan.
"Le Pakistan a facilité de bonne foi les pourparlers entre les États-Unis et les talibans, soulignant qu'il s'agit d'une responsabilité partagée", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi lors d'un séminaire à Islamabad.
"Il sera dès lors approprié de travailler sur un engagement plus large" incluant "des questions bilatérales, de coopération économique et commerciale, de la paix et de la stabilité en Asie du Sud", a-t-il ajouté. "Le but sera de relancer les relations bilatérales", a-t-il insisté.
La résolution du conflit en Afghanistan, où les Etats-Unis sont présents depuis près de 18 ans, soit la guerre la plus longue de leur histoire, devrait toutefois demeurer le principal sujet des discussions entre Imran Khan et le président Trump.
Les deux hommes, qui étaient des célébrités avant de devenir des personnalités politiques, et dont la vie amoureuse a été disséquée par des tabloïds, ont déjà échangé quelques passes d'armes sur Twitter. Avant d'être élu, Imran Khan avait aussi décrit la perspective d'une rencontre avec le président américain comme une "pilule amère" à avaler.
Mardi, le ministre Qureshi a toutefois déclaré que l'invitation de Donald Trump reflétait "l'importance de la relation pour les deux parties".
Les relations entre le Pakistan et les États-Unis sont tumultueuses depuis l'arrivée au pouvoir de M. Trump en 2017, le dirigeant américain qualifiant souvent Islamabad de partenaire peu fiable dans la lutte contre l'extrémisme. La Maison-Blanche a accusé à plusieurs reprises l'armée pakistanaise d'aider les talibans, tant pour des raisons idéologiques que pour contrer l'influence croissante de l'Inde en Afghanistan. Le Pakistan nie ces affirmations et affirme qu'il a payé au prix fort son alliance avec les Etats-Unis dans sa "guerre contre le terrorisme", des dizaines de milliers de ses citoyens ayant été tués.
L'année dernière, M. Trump a suspendu 300 millions de dollars d'aide militaire à Islamabad, affirmant que le Pakistan n'avait donné à Washington que "des mensonges et de la duplicité, prenant nos dirigeants pour des idiots".


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