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Lee Iacocca, parrain de la Ford Mustang et père du SUV

Disparition

La légende de l’industrie automobile, ancien dirigeant de Chrysler qu’il a sauvée de la faillite, est décédée mardi dans la nuit à 94 ans.

OLJ
06/07/2019

Lee Iacocca, légende de l’industrie automobile qui a porté sur les fonts baptismaux l’emblématique Ford Mustang et a sauvé Chrysler de la banqueroute, est décédé mardi dans la nuit à l’âge de 94 ans, ont rapporté mercredi les médias américains. Une information aussitôt confirmée par le groupe italo-américain Fiat-Chrysler Automobiles (FCA). Lee Iacocca est mort à son domicile de Bel Air, en Californie, des suites de complications liées à la maladie de Parkinson, a indiqué sa fille Lia Iacocca Assad au Washington Post. « L’entreprise est triste d’apprendre le décès de Lee Iacocca. Il a joué un rôle historique à la direction de Chrysler à travers les crises, faisant d’elle une véritable puissance concurrentielle. Il fut l’un des grands dirigeants de notre entreprise et de l’industrie automobile en général. Il a également joué un rôle important et soutenu sur la scène nationale comme homme d’État et philanthrope », a de son côté déclaré FCA, dans un communiqué.

Lee Iacocca a débuté sa très longue carrière dans l’automobile en 1946 chez Ford, d’abord comme ingénieur et ensuite dans les équipes de vente et marketing. C’est là que son talent pour la promotion a pu donner toute sa mesure, avec une première campagne au milieu des années 1950 qui a rencontré tellement de succès qu’il a été remarqué par la direction et appelé à Dearborn, au siège de Ford. Plus tard, sa fameuse réplique dans les publicités de Chrysler, un doigt pointé vers le spectateur : « Si vous trouvez une meilleure voiture, achetez-la », l’a fait rentrer dans la légende. Mais le pinacle de ce promoteur inlassable et talentueux aura peut-être été atteint en 2005 dans un spot publicitaire avec Snoop Dog, où le rappeur donne la réplique à un Lee Iacocca déjà vieillissant pour promouvoir Jeep et Chrysler.

Le dirigeant industriel avait à l’époque déjà quitté la direction de Chrysler, qu’il a sauvée de la faillite dans les années 1980 après avoir été littéralement viré de la direction de Ford en 1978 par Henry Ford II, malgré d’excellents résultats, mais avec la réputation d’avoir intrigué sans relâche pour arriver au sommet. Lorsqu’il lui a demandé pourquoi il avait été renvoyé, lui rappelant que la société avait réalisé des bénéfices record deux années de suite, Henry Ford II a répondu : « Eh bien, parfois, vous n’aimez tout simplement pas quelqu’un. » Son limogeage avait fait les gros titres de l’actualité. Et Iacocca n’a jamais pardonné à Ford, qu’il décrivait comme un dictateur et un panier percé. En 1992, dans une interview, interrogé sur sa réputation d’intriguant Machiavel, il a lancé dans son style rugueux : « Machiavel, mes fesses ! »

Son sauvetage de Chrysler, en tordant le bras au Congrès US pour obtenir un prêt de 1,2 milliard de dollars, lui a octroyé sa place dans le panthéon des affaires et de l’industrie automobile mondiale. Il avait alors également réussi à convaincre les fournisseurs, les vendeurs et les syndicats de travailleurs de faire des sacrifices. Sous sa houlette, Chrysler a inventé le minivan et plus tard le SUV (Sport Utility Vehicle). Ses positions férocement contre le Japon, dont il estimait que les pratiques commerciales tuaient les emplois américains – un discours qui n’est pas sans écho aujourd’hui dans la bouche du président Donald Trump à l’encontre de la Chine –, lui ont un temps valu le soutien des syndicats et des démocrates. Mais les milliers de licenciements auxquels il a procédé, à la fin des années 1980, pour sauver une nouvelle fois Chrysler ont retourné la gauche américaine contre lui.

Payé un dollar par an

Lee Iacocca a quitté l’entreprise au début des années 1990, mais a tenté de la racheter plus tard en lançant une OPA hostile avec le milliardaire Kirk Kerkorian. Elle a finalement échoué. Il avait alors reconnu avoir été marqué par la Grande Dépression, le krach boursier de Wall Street au début des années 1930, quand sa famille avait tout perdu. « La Dépression a fait de moi un matérialiste. Je chassais l’argent », avait déclaré celui qui avait accepté d’être payé un dollar annuel au moment du sauvetage de Chrysler, mais avait ensuite été vilipendé pour son salaire énorme à l’époque. Au cours de son demi-siècle de carrière, ce fils d’immigrants italiens, né en 1924, a fait la une du Time, de Newsweek et du New York Times Magazine, qui le décrivaient souvent comme l’incarnation de l’ère automobile aux États-Unis.

Sources : agences

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