Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, lors d'une réunion de cette commission au Parlement libanais, le 19 juin 2019. Photo tirée du compte Flickr du Parlement
La commission parlementaire des Finances et du Budget a pratiquement terminé l'étude des articles législatifs du projet de budget pour l'année en cours, et doit encore statuer lors d'une séance "décisive" sur les articles controversés ayant trait aux pensions des militaires et à l'imposition d'une taxe de 2% sur les produits importés, a annoncé son président, le député Ibrahim Kanaan.
Après l'étude de ces articles législatifs, la commission doit entamer l'étude des lignes de crédit accordées aux institutions de l'Etat et aux différents ministères, avant de pouvoir envoyer la nouvelle mouture du projet devant le Parlement en séance plénière.
"Nous avons terminé tous les articles législatifs du budget et nous allons tenir une séance cruciale pour les articles en suspens dont certains aspects doivent être débattus", a affirmé M. Kanaan à l'issue de la réunion de la commission des Finances, qui a entamé le 10 juin l'étude du projet approuvé par le gouvernement. "Il nous restera à étudier les articles en suspens, lors d'une séance décisive, au cours de laquelle nous approuverons la version définitive des articles qui devront être amendés", a indiqué le député, mentionnant notamment parmi ces articles "l'imposition d'une taxe de 2%" sur les produits importés et la taxe sur les pensions des militaires.
Ibrahim Kanaan a souligné que la commission "ne jouait pas" lorsqu'elle avait annoncé que "certains articles, et notamment la question des pensions des militaires, ne resteraient pas identiques à ce que nous avons reçu de la part de l'Exécutif".
Il a encore précisé que la commission avait amendé l'article 89 du budget, relatif à l'assimilation des juges à du personnel administratif, interdisant cette assimilation. "Nous avons approuvé la diminution des compensations versées aux anciens députés", a-t-il affirmé. "Nous entamerons, lors de la séance du soir, l'examen des lignes de crédit accordées à la présidence de la République et au bureau du Premier ministre", a encore annonce M. Kanaan.
Commentant par ailleurs la présence du Premier ministre, Saad Hariri, à la réunion de la commission, M. Kanaan a souligné que cela prouve que "les différents pouvoirs sont séparés mais coopèrent". "L'Etat et le peuple espèrent des réformes structurelles et rien n'empêche cela, si tout le monde a la volonté de protéger les finances publiques", a-t-il affirmé.
La commission a démarré le 10 juin l’examen du projet de budget pour 2019, qui devra ensuite être approuvé par le Parlement. Ce processus, qui accuse plusieurs mois de retard sur le calendrier prévu par la Constitution, représente une étape décisive pour les autorités libanaises qui doivent rapidement mettre en œuvre leurs engagements pris lors de la conférence de Paris d’avril 2018 (CEDRE), parmi lesquels figurent la promesse de réduire le déficit public. Les députés avaient prévu de conclure aujourd’hui l’examen des articles du projet de loi de finances avant de s’attaquer aux budgets des ministères.


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