Des proches de détenus islamistes manifestant devant la mosquée Mohammed el-Amine dans le centre-ville de Beyrouth, vendredi 6 avril 2018. Photo d'archives AFP / Anwar Amro
Des proches des détenus islamistes, dont certains ont été impliqués dans des affrontements avec l'armée, ont manifesté lundi devant le siège du Tribunal militaire à Beyrouth afin de réclamer une amnistie générale pour leurs enfants.
"Nous demandons l'égalité pour nos enfants, suite au jugement allégé" ayant été donné à l'issue du procès de l'ancienne directrice du bureau de lutte contre la cybercriminalité des Forces de sécurité intérieure, Suzanne el-Hajj, et du pirate informatique Élie Ghabach, ont réclamé les manifestants. Ils brandissaient des panneaux réclamant de mettre un terme à "la farce de l'incarcération des détenus islamistes" et l'adoption de la loi d'amnistie générale "promise par le gouvernement".
Le procès de Mme el-Hajj et M. Ghabach, qui avaient été accusés d'avoir fabriqué des fausses preuves incriminant le réalisateur Ziad Itani de collaboration avec Israël, s'est terminé jeudi dernier par l'abandon des poursuites contre l'ancienne responsable au sein des FSI et une peine de trois ans de travaux forcés, commués en une peine d’un an de prison, pour le pirate informatique. Ce jugement a été largement critiqué dans les milieux politiques.
Les familles des détenus islamistes manifestent de manière régulière, à l'instar des mouvements islamistes et salafistes du pays, pour réclamer l'adoption d'une loi d'amnistie générale. Le mouvement de protestation avait repris de plus belle après une déclaration, en février 2018, du président de la République Michel Aoun qui avait assuré qu’il "ne signerait aucune loi qui amnistierait les détenus condamnés pour avoir tué des soldats libanais", ou accusés dans cette affaire. Le ministre libanais de la Défense, Élias Bou Saab (Courant patriotique libre), avait affirmé mardi que "ceux qui ont du sang de soldats libanais sur les mains" ne bénéficieront pas d'une amnistie.


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