La procureure du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun. Photo d'archives ANI
La procureure générale du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, s'est défendue lundi d'avoir mal agi dans l'affaire du décès suspect d'un homme, Hassan el-Diqqa, qui était détenu par le service des renseignements des Forces de sécurité intérieure et serait mort sous la torture, selon sa famille.
"Une erreur s'est glissée dans les propos du premier juge d'instruction du Mont-Liban, Nicolas Mansour, qui a affirmé que j'ai refusé de désigner un médecin légiste pour examiner le détenu Hassan el-Diqqa. Ceci est totalement faux", a dit la juge. "J'ai ordonné le transfèrement du détenu à l'hôpital et une commission médicale a été créée pour se pencher sur son état de santé. Vous pouvez interroger le père de la victime, qui est avocat, à ce sujet. Cette décision figure également dans le dossier en question", a ajouté la juge Aoun. "Le dossier du détenu est entre les mains du juge d'instruction et de l'accusation depuis des semaines. Ils auraient pu le relâcher s'il s'était avéré qu'il souffrait d'une grave maladie", a conclu la juge.
Le décès samedi dernier de Hassan el-Diqqa, 41 ans, dans des conditions suspectes à l’hôpital al-Hayat, a relancé de plus belle le débat sur les pratiques de torture dans les lieux de détention.
Si les véritables circonstances du décès du détenu, arrêté en novembre 2018 pour une affaire de narcotrafic, n’ont pas encore été éclaircies, cette nouvelle "bévue" présumée – que la famille du défunt attribue au service de renseignements des Forces de sécurité intérieure, accusé de violences pratiquées contre leur fils – risque de noircir un peu plus l’image d’un pays qui gagne jour après jour sa réputation d’État policier.
Se disant "désolée" du décès de ce détenu, la ministre de l'Intérieur, Raya el-Hassan, a affirmé "avoir donné samedi des directives au directeur général des FSI, le général Imad Osman, afin qu'il prenne des mesures immédiates pour ouvrir une enquête sur les causes du décès". Les Forces de sécurité intérieure ont publié hier un communiqué dans lequel elles réfutent les allégations de torture. Le ministre de la Justice, Albert Serhane, s'est pour sa part engagé à "mener toutes les enquêtes nécessaires pour dévoiler les circonstances du décès.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine