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Culture

Filmer les petites guerres sous les bombes : mode d’emploi

Événement

L’Académie libanaise des beaux-arts-Université de Balamand accueille pour 4 journées consécutives les amoureux du cinéma, dans le cadre de l’événement « Ciné-Rencontres ». Au menu : des projections, des rencontres, des case studies, des débats, des installations et surtout des grands noms du 7e art.

Danny MALLAT | OLJ
09/04/2019

Comprendre quels sont les véritables enjeux qui poussent les cinéastes (libanais et étrangers) à filmer en temps de guerre, voilà ce que vont tenter de faire de nombreux cinéastes, artistes et professeurs réunis par l’Académie libanaise des beaux-arts, du mardi 9 avril au vendredi 12 avril, dans le cadre de l’événement Ciné-Rencontres. Après un premier thème « Cinéma et politique » en 2017, un comité, formé de MM. Alain Brenas, Gregory Buchakjian et Ghassan Koteit et de Mmes Danielle Davy, Myriam el-Hage et May el-Koussa, a décidé d’aborder et de développer le thème « 1975-1990, filmer en temps de guerre au Liban ». « C’est un événement mis en place chaque deux ans et qui nécessite beaucoup de recherches et de préparations », confie Ghassan Koteit, directeur du département cinéma à l’Alba, qui revient sur les détails du programme.

Comment avez-vous réfléchi ces rencontres et autour de quels axes se sont-elles articulées ?

Hormis la mémoire et la nécessité de témoigner chez les cinéastes classiques, nous avons voulu saisir les motivations des cinéastes pour filmer en temps de guerre, et tenté de mettre la lumière sur les enjeux de production et de réalisation. Certains axes sont très clairs et établissent un parallèle entre le documentaire et la fiction. Il y a également des films de fiction extrêmement documentés, voire quelquefois prémonitoires ; c’est le cas du film de Christian Ghazi Cent visages pour un seul jour, tourné en 1969 et qui était étrangement annonciateur de la guerre. Le film de Philippe Aractingi Sous les bombes (2006) mêlait l’intrigue, la fiction, l’enquête et le reportage. C’était aussi très important de faire découvrir des anciens films aux étudiants de l’Académie et aux jeunes Libanais en général. Une génération persuadée que l’histoire du cinéma libanais commence avec West Beyrouth (1992) de Ziad Doueiri. Ciné-Rencontre présente bien sûr les films connus, comme Petites guerres (1982) de Maroun Bagdadi, mais aussi des films moins connus et plus commerciaux, comme les films de Youssef Charafeddine, des films d’aventures et de science-fiction avec des super-héros qui n’ont absolument rien à voir avec la guerre, mais qui ont été tournés en temps de guerre, en utilisant comme toile de fond les ruines du centre-ville, un peu à la façon Mad Max. Et puis, il y a évidemment l’incontournable film de Volker Schlöndorff, Le Faussaire, sur lequel Jocelyne Saab a travaillé en tant que deuxième assistante et qui utilise très largement le décor de la guerre.

Comment avez-vous organisé vos journées et quels en sont les temps forts ?

Sur une période de trois jours, il était évidemment quasi impossible de visionner et de travailler sur tous les films de la guerre, c’est pour cette raison que nous nous sommes concentrés sur des thématiques. Il y a bien entendu l’ouverture au cours de laquelle sera projeté Ghazl el-banat de Jocelyne Saab, à qui nous rendons hommage. Des expositions de photos réuniront les œuvres de Fouad Elkoury – qui présente des photos prises sur le tournage du Faussaire – et de Salah Saouli, qui présente une installation où il relate l’histoire d’un trafiquant d’armes, culturiste des années de guerre, analphabète et devenu producteur des films de mafia et de super-héros des années 1980. Sont également exposées des photos des lieux de tournage et des routes pendant la guerre, une installation co-organisée par les écoles des arts visuels et présentée par Gregory Buchakjian et Vartan Avakian. Dans un format master class où l’auteur soumet une recherche, Alia Hamdan développe par ailleurs le thème « Quand l’événement fait coupure », une recherche sur les chorégraphies des miliciens et des passants qui fuient la guerre. Quant à Ed Lachman, qui a été directeur de la photo du film Petites guerres de Maroun Bagdadi, il partagera avec le public son expérience sur le film.

La clôture aura lieu autour d’une table ronde qui réunira des chercheurs de différentes nationalités pour discuter de la « possibilité d’un récit impossible » et d’un « après-regard sur la guerre ». Le soir du vendredi 12 avril aura lieu également une performance musicale et projection vidéo intitulée Goodbye Shlöndorff de Waël Kodeih et Yann Pittard.

* « Ciné-Rencontres de l’Alba, 1975-1990 filmer en temps de guerre au Liban ».

Du mardi 9 avril au vendredi 12 avril. Organisées par l’école de cinéma et de réalisation audiovisuelle et l’école des arts visuels de l’Alba.




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