"Les expulsés égyptiens font face à de graves risques de torture et de mauvais traitements en Egypte pour leur activités politiques passées", assure HRW dans un communiqué. Photo d'illustration AFP
L'ONG Human Rights Watch (HRW) a réclamé jeudi des nouvelles de cinq opposants égyptiens proches de la mouvance islamiste, expulsés vers Le Caire ces dernières semaines, depuis la Turquie et la Malaisie.
"Les expulsés font face à de graves risques de torture et de mauvais traitements en Egypte pour leur activités politiques passées", assure HRW dans un communiqué en précisant qu'au moins trois d'entre eux ont été condamnés en Egypte par contumace.
Cité dans le communiqué, Michael Page, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à HRW, estime que "puisque l'Egypte a un historique de torture, disparition forcées et procès inéquitables systématiques pour les dissidents, il est impératif pour les autorités de fournir un accès complet aux expulsés". L'ONG demande également aux autorités égyptiennes et malaisiennes de cesser "de telles expulsions".
HRW a obtenu les noms de quatre Égyptiens déportés par la Malaisie en mars, en raison d'une disposition de la loi malaisienne sur l'immigration, qui permet d'expulser des immigrants représentant "une menace pour la sécurité".
Aucun chef d'accusation précis n'a toutefois été notifié, selon HRW, qui cite Jodi Harris l'épouse australienne de l'un des expulsés Égyptiens. Mme Harris a également assuré que les autorités malaisiennes n'ont pas permis aux quatre hommes, arrêtés en février, d'avoir accès aux services du Haut-commissariat aux réfugiés. Au total, selon la police malaisienne, six Égyptiens et un Tunisien ont été expulsés en mars.
Par ailleurs, en Turquie, en janvier, les autorités ont expulsé un ressortissant égyptien condamné à mort dans son pays, dans l'affaire du meurtre d'un procureur général en 2015 au Caire. La Turquie a ordonné une investigation et suspendu huit de ses officiers impliqués dans l'expulsion, ajoute HRW.

