Khalifa Haftar, homme fort de l'Est de la Libye. Photo d'archives AFP
L'Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar, homme fort de l'Est du pays, a annoncé mercredi soir qu'elle préparait une offensive pour "purger l'Ouest" de la Libye, dont la capitale Tripoli, "des terroristes et des mercenaires".
Le général Ahmad al-Mesmari, porte-parole de l'ANL a fait l'annonce au cours d'une conférence de presse affirmant que "les préparatifs" de l'opération "étaient sur le point de s'achever".
Le bureau média de l'ANL avait plus tôt indiqué via Facebook que "sur ordre" du maréchal Haftar, "plusieurs unités militaires s'étaient dirigées vers la région Ouest pour la nettoyer de ce qu'il reste des groupes terroristes". Le texte est accompagné d'une vidéo où l'on peut voir une colonne de dizaines de véhicules militaires circulant sur une route. Il n'était pas possible dans l'immédiat de vérifier leur destination.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, ce riche pays pétrolier est plongé dans le chaos, sur fond de crises politique et économique profondes et une insécurité chronique.
Deux autorités se disputent aujourd'hui le pouvoir: le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, établi fin 2015 en vertu d'un accord parrainé par l'ONU et basé à Tripoli, et une autorité rivale installée dans l'Est et contrôlée par l'ANL.
Le maréchal Haftar a exprimé à plusieurs reprises son souhait de marcher sur la capitale, sans toutefois passer à l'acte. En janvier, il avait annoncé une opération militaire dans le Sud-Ouest désertique du pays visant, selon lui, à y éliminer les "groupes terroristes et criminels".
L'ANL, qui dispose déjà de soutiens dans le Sud, s'est emparée sans combats, notamment de la ville de Sebha (centre) ainsi que d'un important champ pétrolier plus au sud.
Des analystes estiment toutefois que l'ANL ne dispose pas de la force suffisante pour avancer dans l'Ouest, avec en face de puissants groupes armés qui lui sont hostiles, dont en particulier ceux de Misrata.
S'il est confirmé, le mouvement de troupes annoncé par l'ANL intervient à un moment critique pour la Libye qui prépare pour la mi-avril une Conférence nationale sous l'égide de l'ONU, appelée à dresser une "feuille de route" à même de sortir le pays du chaos.

