Le député Ibrahim Kanaan. Photo ANI
Le président de la commission parlementaire des Finances et du Budget, le député Ibrahim Kanaan, a affirmé mardi que l'entreprise de télécommunications publique Ogero avait embauché illégalement plus de 450 personnes, dénonçant les motivations politiques "inacceptables" ayant mené à ces recrutements.
"Ogero n'a pas respecté la loi 46 (sur la nouvelle grille des salaires, qui interdit tout recrutement dans le secteur public depuis août 2017, ndlr)", a affirmé M. Kanaan à l'issue d'une réunion de la commission, à laquelle étaient convoqués le ministre des Télécoms, Mohammad Choucair, et des responsables d'Ogero. "Il existe une certaine confusion dans les chiffres et les documents qui nous ont été présentés par Ogero, dans lesquels on parle de paiements de 221 milliards de livres libanaises de salaires annuels, alors que les documents remis par le député Jihad Samad font état de 323 milliards", a indiqué le député. Il a affirmé que 453 personnes ont été embauchées illégalement par Ogero, sans passer par le Conseil du la fonction publique. Il a souligné que ces embauches sont principalement liées à des motivations politiques, "ce qui est inacceptable".
"Il existe une certaine confusion dans les chiffres et les documents qui nous ont été présentés par Ogero, dans lesquels on parle de paiements de 223 milliards de livres libanaises de salaires annuels, alors que les documents remis par le député Jihad Samad font état de 323 milliards", a indiqué M. Kanaan. Ce document, datant du 11 janvier 2018, avait été envoyé par le directeur d'Ogera Imad Kreidiyé au ministre des Télécommunications de l'époque afin de demander qu'il approuve l'octroi de la nouvelle grille des salaires aux employés de l'institution. Il a souligné qu'Ogero avait également présenté un autre document, dans lequel le montant des salaires était de 176 milliards, qu'il avait ensuite retiré.
"Notre rapport final contiendra toute la vérité et sera envoyé à la présidence du Parlement", a annoncé M. Kanaan. "Il faut comprendre que les institutions publiques dépensent les fonds publics et elles ne sont pas séparées de l'Etat et de la loi. Nous allons contrôler tout le monde sans exception parce que les crédits qui sont accordés aux institutions viennent du Trésor et du peuple libanais", a-t-il ajouté. Et de souligner que la décision finale concernant le sort des contrevenants devra "être prise par la justice financière". "L'administration concernée et le ministre de tutelle devront rendre des comptes", a-t-il déclaré.
Ces dernières semaines, la commission des Finances a convoqué plusieurs ministres et directeurs d'entreprises publiques afin qu'ils répondent d'embauches au sein de leurs institutions alors que tout recrutement est normalement gelé depuis l'adoption, en août 2017, de la loi sur la nouvelle grille des salaires.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine