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L'armée afghane possible facteur de risque en cas de paix, selon un rapport américain

L'armée afghane pourrait devenir un facteur de risque pour la sécurité de l'Afghanistan si l'aide internationale cessait brutalement après un éventuel accord de paix avec les talibans en Afghanistan, selon un rapport officiel américain publié jeudi.

"Il y a actuellement plus de 300.000 Afghans enrôlés dans les forces afghanes, la plupart d'entre eux étant armés", a souligné l'Inspecteur général pour la reconstruction de l'Afghanistan (Sigar), en présentant son rapport à Washington.

"Si, à cause de l'arrêt du soutien financier, leur salaire venait à ne plus être versé, cela pourrait gravement menacer la stabilité de l'Afghanistan", a ajouté John Sopko, tout en réaffirmant son soutien aux négociations de paix en cours entre les Etats-Unis et les talibans.

Depuis 2001, les Etats-Unis ont versé plus de 780 milliards de dollars d'aide à l'Afghanistan, dont 15% destinés à la reconstruction. Or la plus grande partie (63%) des fonds de la reconstruction --83,1 milliards de dollars-- a été consacrée aux services de sécurité afghans (salaires, équipements, infrastructures, formation), précise le rapport.

Ces dernières années, le soutien financier à l'armée afghane a été plus prépondérant encore, avec 4,8 milliards de dollars débloqués sur le budget 2018, soit 82% des fonds destinés à la reconstruction afghane.

"Il n'y a besoin d'être diplômé de mathématiques pour se rendre compte que si le soutien des donateurs baisse ou est éliminé --qu'il y ait un accord de paix ou pas -- le gouvernement afghan, et son armée en particulier, seront dans une situation désespérée", a souligné M. Sopko.

D'autre part, si un accord de paix était conclu, quelque 60.000 talibans lourdement armés devront être réinsérés pacifiquement dans la société afghane, car "les ex-talibans qui seraient déçus de ne pas toucher les dividendes de la paix pourraient replonger dans la violence".

Le gouvernement afghan ne peut survivre sans l'aide internationale et "si un accord de paix devait être conclu, pour qu'il soit durable, il aura un prix que seuls des donateurs étrangers pourront se permettre", a ajouté l'inspecteur général, appelant les gouvernements à "réfléchir au +jour d'après+".

Washington cherche à s'extraire de sa plus longue guerre, après plus de 17 années passées en Afghanistan. Les Etats-Unis et les talibans ont entamé durant l'été 2018 des discussions bilatérales à Doha, dont la dernière session s'est conclue le 12 mars.

L'émissaire américain Zalmay Khalilzad avait à cette date fait état de "vraies avancées", évoquant un "accord préliminaire" sur les "garanties" que les talibans doivent fournir en matière de contreterrorisme et sur le "retrait des troupes" américaines, tout en précisant que le calendrier et les mesures détaillées devaient être "finalisés".

En attendant, l'élection présidentielle afghane, initialement prévue le 20 avril et déjà repoussée une fois, a été à nouveau reportée au 28 septembre.

L'armée afghane pourrait devenir un facteur de risque pour la sécurité de l'Afghanistan si l'aide internationale cessait brutalement après un éventuel accord de paix avec les talibans en Afghanistan, selon un rapport officiel américain publié jeudi. "Il y a actuellement plus de 300.000 Afghans enrôlés dans les forces afghanes, la plupart d'entre eux étant armés", a souligné l'Inspecteur général pour la reconstruction de l'Afghanistan (Sigar), en présentant son rapport à Washington. "Si, à cause de l'arrêt du soutien financier, leur salaire venait à ne plus être versé, cela pourrait gravement menacer la stabilité de l'Afghanistan", a ajouté John Sopko, tout en réaffirmant son soutien aux négociations de paix en cours entre les Etats-Unis et les talibans. Depuis 2001, les Etats-Unis ont versé plus de...