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Afghanistan: l'élection présidentielle reportée au 28 septembre

AFP
20/03/2019
L'élection présidentielle afghane, initialement prévue le 20 avril et déjà repoussée une fois, a été à nouveau reportée au 28 septembre, ont annoncé mercredi des responsables de son organisation.

Les législatives d'octobre dernier ayant été confrontées à "de nombreux problèmes et défis, (...) il est nécessaire de procéder à des réformes en préparation des futures élections. Par conséquent, l'organisation des élections (à la date) annoncée précédemment n'est pas possible", a expliqué la Commission électorale indépendante (CEI) dans un communiqué.

Ce report au "28 septembre" doit permettre de "mieux appliquer la loi électorale" et "assurer la transparence et l'enregistrement des électeurs", a détaillé la CEI. Les élections des conseils provinciaux et un scrutin législatif dans la province de Ghazni (Est) se tiendront le même jour, a-t-elle ajouté. Ces scrutins pourront se tenir, selon la Commission, "à condition que toutes les parties concernées, surtout le gouvernement et la communauté internationale, fournissent à la CEI le budget nécessaire dans les temps".

Un porte-parole du président Ashraf Ghani a déclaré que le gouvernement respectait cette décision et était "pleinement préparé à coopérer avec la CEI". Cette annonce intervient après plusieurs semaines de spéculations sur un report destiné à donner plus de temps aux négociations de paix en cours entre Américains et talibans.

Le scrutin, initialement prévu le 20 avril, avait déjà été repoussé au 20 juillet. De nombreux observateurs considéraient ces deux dates irréalistes, la CEI n'ayant toujours pas rendu publics les résultats définitifs des législatives d'octobre.


Pourparlers

La Commission ne mentionne pas les pourparlers en cours entre les Etats-Unis et les talibans, qui contrarient Kaboul alors que Washington cherche à s'extraire de sa plus longue guerre, après plus de 17 années passées en Afghanistan.

Les autorités afghanes se sont à maintes reprises plaintes d'être laissées à l'écart du processus, qui selon elles sape la légitimité du gouvernement de Kaboul, déjà qualifié de "marionnette" des Etats-Unis par les talibans.

Vendredi dernier, un proche conseiller du président afghan Ashraf Ghani a provoqué un début de crise diplomatique avec Washington en critiquant vivement ces pourparlers de paix.

"On ne sait pas ce qui se passe. La transparence n'est pas suffisante", a déclaré le conseiller afghan à la sécurité nationale Hamdullah Mohib lors d'une visite aux Etats-Unis. "Nous sommes les derniers à être tenus au courant", a-t-il déploré, avant d'être convoqué par le numéro 3 du département d'Etat américain David Hale, qui a "rejeté" ces critiques.

Washington et les talibans ont entamé durant l'été 2018 des discussions bilatérales à Doha, dont la dernière session s'est conclue le 12 mars.

L'émissaire américain Zalmay Khalilzad avait à cette date fait état de "vraies avancées", évoquant un "accord préliminaire" sur les "garanties" que les talibans doivent fournir en matière de contreterrorisme et sur le "retrait des troupes" américaines, tout en précisant que le calendrier et les mesures détaillées devaient être "finalisés".

De nombreux Afghans craignent que le fragile gouvernement d'union nationale d'Ashraf Ghani ne s'effondre si les troupes américaines se retirent, ce qui pourrait permettre aux talibans de revenir au pouvoir, et déclencher une nouvelle guerre civile sanglante.

Certains craignent également que la présidentielle ne déclenche une vague de violence alors que les rebelles cherchent à perturber le vote.

Mercredi, le ministère de l'Intérieur a fait savoir qu'il allait "accroître" ses offensives contre les talibans ces douze prochains mois.

Les insurgés ont également annoncé qu'ils avaient relâché 58 soldats afghans qu'ils détenaient à Badghis (ouest), ce qu'a confirmé le porte-parole du gouverneur de cette province.

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