Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner. AFP / GEORGES GOBET
Le ministre s'exprimait à Toulouse (sud-ouest), dans l'école juive Ohr Torah, lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats perpétrés en 2012 dans la région par le jihadiste Mohamed Merah.
"Aujourd'hui, sept ans plus tard, la réalité se rappelle durement à nous. Ces dernières semaines, il y a eu des tombes profanées, le mémorial d'Ilan Halimi (un jeune juif tué en 2006 après avoir été torturé et séquestré, ndlr) détruit, des insultes proférées et des slogans honnis exhumés", a souligné M. Castaner.
"La France en 2019, c'est un parfum des années 30 qui flotte dans l'air, un parfum ignoble que l'on espérait à jamais disparu", a-t-il estimé. "Ce ne sont que des exemples, des exemples édifiants, insupportables mais qui nous ramènent à une vérité. En 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74%" dans le pays, a rappelé le ministre..
Le 19 mars 2012, Mohamed Merah, qui se proclamait "combattant d'el-Qaëda", avait exécuté dans cette école juive de Toulouse le professeur de religion Jonathan Sandler, ses deux fils Arieh et Gabriel ainsi que Myriam Monsonégo, la fille du directeur. Aaron Bryan Bijaoui, un adolescent, avait été blessé.
"Nous ne pouvons, nous ne devons rien ignorer, rien laisser passer. Chacun doit se sentir en sécurité en vivant sa foi", a ajouté M. Castaner.
Les 11 et 15 mars 2012, quelques jours avant la tuerie dans l'école juive, Mohamed Merah avait tué par balles trois militaires à Toulouse et dans la ville voisine de Montauban, Imad Ibn Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad. Grièvement blessé, un autre militaire, Loïc Liber, est depuis tétraplégique.
Fin 2018, le président Emmanuel Macron avait indiqué être "frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l'entre-deux-guerres" en Europe.
"Dans une Europe qui est divisée par les peurs, le repli nationaliste, les conséquences de la crise économique, on voit presque méthodiquement se réarticuler tout ce qui a rythmé la vie de l'Europe de l'après-Première Guerre mondiale à la crise de 1929", avait-t-il indiqué dans un entretien au quotidien régional Ouest-France.


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