Des combattants yéménites des Comités de résistance populaire s'entraînent à Taez, le 11 mars 2019. Photo AFP / Ahmad AL-BASHA
Les membres permanents du Conseil de sécurité se mobilisent pour tenter de sauver la trêve conclue début décembre entre les belligérants au Yémen, qui menace de voler en éclats et dont les principales dispositions ne sont toujours pas appliquées.
Juste avant des consultations à huis clos du Conseil, les cinq membres permanents - Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni - se sont réunis mercredi avec le médiateur de l'ONU, le Britannique Martin Griffiths, selon une source diplomatique.
L'émissaire est venu spécialement à New York alors que d'ordinaire ses interventions se font via une liaison vidéo. Encadré des ambassadeurs américain, britannique et français, tous le visage fermé, Martin Griffiths est allé directement à la salle de consultations du Conseil sans répondre aux questions des journalistes.
Dans un communiqué mardi, les ambassadeurs chinois, français, russe, britannique et américain auprès du Yémen se sont dits "extrêmement inquiets de la non-application des accords obtenus à Stockholm en décembre".
Outre un cessez-le-feu dans la région de Hodeida (ouest), qui souffre de violations régulières par les deux parties, les belligérants sont dans l'impasse sur un vaste échange de prisonniers et sur un retrait de forces des ports de Saleef, Ras Issa et de Hodeida, afin de libérer des accès humanitaires. Ces ports sont contrôlés par les rebelles houthis. L'ONU n'a d'autre part toujours pas la liberté d'utiliser les stocks de céréales de Red Sea Mills, près de Hodeida, sous contrôle du gouvernement yéménite alors que la population est menacée de famine.
"Le problème des accords de décembre, c'est qu'il n'y a pas de volonté des deux côtés d'avancer. Les deux parties se sentent en position de force", indique à l'AFP sous couvert d'anonymat un spécialiste du dossier à l'ONU, en indiquant que "la méfiance" continue de prédominer. "Il y a une nécessité de davantage de pressions du Conseil de sécurité", estime cette source.
Dans leur communiqué, les membres permanents du Conseil de sécurité réaffirment leur plein soutien à Martin Griffiths et au chef de la mission onusienne d'observation de la trêve à Hodeida, Michael Lollesgaard.
"Nous appelons toutes les parties à permettre à la mission d'observation de travailler en toute sécurité et sans interférence", ajoute le communiqué publié par les Etats-Unis. "Nous leur demandons de commencer immédiatement et de bonne foi à appliquer les accords sur les redéploiements de forces sans chercher à exploiter les retraits de l'autre partie".
Selon un diplomate, les rebelles Houthis craignent qu'un recul de leurs positions dans les ports ne soit utilisé par le gouvernement yéménite, soutenu par une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite, pour reprendre du terrain.
Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité soulignent enfin leur inquiétude "face à la situation humanitaire qui empire au Yémen".


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