Des "tirs amis" entre des troupes afghanes et américaines ont conduit à des frappes aériennes, qui ont tué cinq soldats afghans, a-t-on appris mercredi de sources militaires, le ministère de la Défense afghan déplorant "un manque de coordination".
L'incident s'est produit mercredi, quand une patrouille américano-afghane s'est retrouvée sous le feu d'un avant-poste de l'armée afghane dans les environs de Tarin Kot, capitale de la province de l'Oruzgan (sud), a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'Otan à Kaboul.
Une frappe aérienne s'en est suivie, tuant cinq soldats et en blessant grièvement dix, a déclaré l'adjoint au chef du conseil de la province de l'Oruzgan Karim Karimi.
"Alors que la patrouille américaine approchait de la base, les soldats afghans ont probablement pensé que c'étaient des talibans", a-t-il dit à l'AFP, ajoutant que seuls deux militaires afghans, qui s'étaient échappés, sont ressortis indemnes de l'incident.
De grandes parties de l'Oruzgan restent sous contrôle des talibans. Ces dernières années, les rebelles ont également multiplié les incursions dans Tarin Kot.
Le ministre de la Défense afghan a confirmé le bilan dans un communiqué, ajoutant que les forces américaines et afghanes menaient une "opération conjointe" dans la zone quand, "à cause d'un manque de coordination de l'armée, un avant-poste a été touché". Une enquête est en cours, a annoncé le ministère.
Le porte-parole de l'Otan a mentionné par email "des frappes aériennes précises d'autodéfense" conduites "après que des forces américaines et afghanes ont subi des tirs d'armes de petit calibre et de roquettes".
"Nous opérons dans un environnement complexe où les combattants ennemis ne portent pas d'uniformes et utilisent des véhicules militaires volés pour attaquer les forces gouvernementales", a-t-il observé.
Un habitant, Haji Lal Agha, a déclaré à l'AFP que "les avions ont frappé la base pendant environ 30 minutes".
Des "tirs amis" sont parfois signalés en Afghanistan, générant de la défiance entre les troupes locales et étrangères. En juillet 2017, 16 policiers afghans avaient péri lors d'une frappe américaine erronée dans le Helmand, une province voisine de l'Oruzgan.

